Daniel Hope, qui partageait la scène avec la pianiste vénézuélienne Vanessa Perez, a rendu un émouvant hommage à son mentor et ami, Yehudi Menuhin, qui aurait eu 100 ans cette année.

Le chant lumineux du violon de Daniel Hope

CRITIQUE / Entendre jouer Daniel Hope, c'est simplement magnifique, puissamment transcendant. Le musicien a rendu un émouvant hommage à son mentor et ami, Yehudi Menuhin, qui aurait eu 100 ans cette année, lors de son passage au Club musical de Québec.
À certains moments, on avait l'impression qu'une ficelle imperceptible nous reliait le coeur à l'archet de Hope. De minuscules pincements nous picoraient la poitrine. Un bonheur, triste et éblouissant à la fois, nous laissait tout étourdi, secoué, et quelques secondes délicieuses s'étiraient entre la fin des morceaux et les applaudissements nourris qui ne manquaient pas de pleuvoir sur les interprètes.
Le violoniste partageait la scène avec la pianiste vénézuélienne Vanessa Perez. Une partenaire tout indiquée pour livrer des interprétations senties, évocatrices, qui semblaient briller de mille nuances scintillantes.
Ils ont ouvert le concert avec Impromptu concertant de George Enescu où le piano s'occupe à reproduire la chorégraphie des notes de pluie qui s'abattraient lors d'un violent orage pendant que le chant du violon s'élève, doux grave et lancinant.
Entre les pièces, Daniel Hope a pris la parole en français pour présenter son mentor, parler de musique, de la vie, de la mort aussi. Des interventions concises et touchantes où il a montré qu'il savait bien manier les mots.
Lorsqu'il a lancé la Sonate en do mineur de Bach, nous étions déjà complètement fascinés par ses gestes vifs et élégants et par la voix particulière de son violon. Un grain de voix, un son texturé difficile à décrire, auquel l'oreille devait parfois s'accrocher lorsque le piano levait le ton.
La Sonate en fa majeur de Mendelssohn, plein de montées et de fulgurances, a rétabli la balance entre les deux instruments. Il a été porté avec une délicatesse et une fièvre contagieuse. À certains moments, on entendait le pied du violoniste marquer un temps au sol, comme une percussion légère.
Le délice se poursuit
La deuxième partie du concert s'est enchaînée d'un trait après une courte intervention du musicien. Six danses populaires roumaines de Béla Bartok, d'abord, dont un passage splendide où le violon n'est plus qu'un filet de voix, gracile et vertigineux. Le délice s'est poursuivi pendant Kaddisch de Ravel. Nous étions mûrs pour la dernière sonate, de William Walton, une oeuvre plus difficile d'approche, avec des motifs répétés et plusieurs segments à l'étrangeté appuyée. 
Salut d'amour d'Edward Elgar, au rappel, sonnait comme une bravade lumineuse. Monsieur Hope, merci.
Le concert était présenté une seule fois, au Grand théâtre de Québec. ­­­­­­
Prestigieuse sélection pour la saison 2017-2018
La directrice artistique Marie Fortin a profité du récital de Daniel Hope pour dévoiler ses invités de la prochaine saison du Club musical de Québec. Poste Canada l'avait devancée en livrant ce matin les informations à bon nombre d'abonnés, mais Mme Fortin a pris cet imbroglio avec humour et a révélé ses prises comme si de rien n'était.
Le pianiste Behzod Abduraimov, qui est passé dans la métropole il y a quelques semaines, ouvrira la saison le lundi 25 septembre au Grand théâtre de Québec (GTQ). Le musicien de 26 ans originaire d'Ouzbékistan offrira un programme allant de Bach à Prokofiev.
L'ensemble baroque Les Arts Florissants, sous la direction de Paul Agnew (mardi 3 octobre, Palais Montcalm), s'est forgé une réputation enviable depuis quatre décennies. Les chanteurs et instrumentistes offriront un hommage à Monteverdi.
La soprano américaine Sondra Radvanovsky, accompagnée du pianiste Anthony Manoli (dimanche 22 octobre, GTQ) «incarnait récemment au cours d'une même saison les trois reines de Donizetti au Metropolitan Opera, exploit non renouvelé depuis les années 1970», souligne le communiqué du Club.
Décembre sera illuminé par le passage de la violoniste Janine Jansen, artiste en résidence à Carnegie Hall la saison prochaine, et de ses invités le clarinettiste Martin Fröst, le violoncelliste Torleif Thedéen et le pianiste Lucas Debargue. Le 4 décembre au Palais Montcalm, ils joueront des pièces de Szymanowski, Bartók et Messiaen en duo, en trio et en quatuor.
Le pianiste et animateur à France Musique Philippe Cassard (dimanche 4 février, GTQ), que les mélomanes de Québec ont pu entendre avec Natalie Dessay, célèbrera le centenaire de la mort de Debussy.
Le violoncelliste Steven Isserlis et le claveciniste Richard Egarr (directeur musical de l'Academy of Ancient Music) partageront quelques fruits de leur dernière séance d'enregistrement mettant en valeur Bach, Handel et Scarlatti pour clore la saison, le jeudi 26 avril 2018 au Palais Montcalm.
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