Régis Labeaume et Robert Lepage.

Le budget de construction du Diamant bouclé

La campagne de financement privé de 10 millions $ de la salle de spectacle Le Diamant a franchi une étape importante, qui permet maintenant de boucler le budget de construction de 54 millions $. Parmi les nouveaux donateurs annoncés, l’homme à l’origine du projet, le comédien-metteur en scène Robert Lepage, remet 500 000 $.

Un nouveau montant totalisant 2,25 millions $ a été annoncé mardi. Ainsi, la récolte de la campagne auprès des grandes entreprises et mécènes atteint maintenant quelque 7 millions $ sur les 10 millions $ souhaités.

«On a toujours dit que si on atteignait l’objectif de 10 millions $ ça va nous permettre de créer des outils pour la promotion des jeunes artistes, un fond de création qui va nous servir au développement du Diamant dans les premières années, explique son directeur général, Bernard Gilbert. Avec les 7 millions $ presque acquis, ça veut dire que le budget de construction est actuellement couvert. C’est la grande nouvelle pour nous.»

Robert Lepage a lui-même souscrit à la campagne de financement avec un montant de 500 000 $. «Ce n’est pas facile la vie d’artiste et la vie a été assez généreuse avec moi dans les dernières années pour pouvoir me le permettre. Les gens pensent toujours que c’est de l’argent qui m’est donné à moi pour construire un théâtre. Dans le fond, c’est de l’argent qui va au théâtre et j’en suis l’utilisateur privilégié. Je me sens très redevable de ça», raconte le célèbre metteur en scène pour expliquer son geste. Il confirme avoir prévu ce don dès le début. Il restait à fixer la hauteur de la somme versée.

Il revient aussi sur la nature même de ce que sera la salle de spectacle. «Les gens pensent que ça va être un lieu hermétique, exclusif, pour l’élite. Mais ça va être un lieu très ouvert, inclusif. On fait l’effort pour amener les gens de la haute ville, de la basse ville. On espère qu’il va y en avoir pour toutes les bourses. J’espère qu’on va y présenter plusieurs choses, pas que du théâtre», précise l’artiste multidisciplinaire.

Les nuits de Québec

Le maire Régis Labeaume est heure de l’atteinte de l’objectif financier. «Nous, on avait demandé d’atteindre 70 % de la campagne de financement pour qu’on fasse le dernier déboursement de 2 millions $. Maintenant, il n’y a pas de risque. Ça va être fait.» La Ville de Québec injecte 7 millions $ dans le projet. Le gouvernement du Québec a versé 30 millions $ tandis que son homologue fédéral, 10 millions $.

Une fois la taille du Diamant terminée, possiblement au printemps 2019, la Ville investira dans la mise à nouveau de Place d’Youville. «Il y a des choses à réhabiliter, indique le maire. On ne parle pas de refonte complète. On va y aller pièce par pièce.»

Par exemple, l’horloge disparaîtra. Des annonces seront faites dans le prochain budget.

Au final, M. Labeaume veut redonner à Place D’Youville son lustre d’antan. «Je n’ai pas connu le Québec de l’époque. C’était le rendez-vous de beaucoup d’artistes internationaux. Il y avait beaucoup d’artistes français qui ont connu des heures de gloire à Québec. Il y avait une vie culturelle très intense ici. Ce qu’on veut reproduire, c’est les nuits de Québec. Les gens de Montréal venaient passer un week-end pour vivre la culture de Québec. L’objectif ultime, c’est ça. Que tu ne te poses pas la question parce qu’il y a toujours quelque chose qui se passe à Québec», conclut-il. 

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«C'EST UN CHOC»

Robert Lepage a dit être sous «le choc» d’apprendre que le mythique chef d’orchestre du Metropolitan Opera de New York (MET), James Levine, a été accusé d’agressions sexuelles dans les années 80 dans la foulée des dénonciations publiques en Amérique comme en Europe, visant des personnalités publiques. Depuis, l’institution a suspendu sa collaboration avec l’homme de 74 ans.

«J’ai travaillé avec lui. On ne s’attendait pas à ça. Cela étant dit, il y avait toute sorte de rumeurs», révèle M. Lepage, qui a connu le chef d’orchestre lorsqu’il a mis en scène Le Ring de Wagner au MET.

«Je pense qu’on va continuer à être surpris de savoir qui va être dénoncée, se désole-t-il. C’est malheureux parce que je m’en vais à New York cette semaine pour aller rencontrer la direction du MET. Je fais un projet avec eux encore. Ça les chamboule. C’était un des piliers du MET.»