P-A Méthot est apparu sur la scène de la salle Albert-Rousseau, où il est en représentation jusqu’à samedi, avec 70 livres de moins sur la charpente, après une récente opération cardiaque qui a nécessité la pose d’un défibrillateur.

Le beau show de P-A Méthot

CRITIQUE / Pour son deuxième one-man-show, «Faire le beau», P-A Méthot a mis ses fans dans sa petite poche d’en arrière avec sa façon bien à lui de raconter ses mésaventures avec bonhomie, à grands coups d’expressions colorées. Que ce soit ses déboires médicaux, sa convalescence ou encore sa décision de ne plus assister à des mariages, le sympathique humoriste a fait mouche à plusieurs reprises pour la première d’un spectacle appelé à connaître autant de succès que son précédent.

L’artiste de 45 ans est apparu sur la scène de la salle Albert-Rousseau (où il est en représentation jusqu’à samedi) avec 70 livres de moins sur la charpente, après une récente opération cardiaque qui a nécessité la pose d’un défibrillateur. «Je suis rendu wi-fi», s’est réjoui le principal intéressé.

Sa convalescence à la maison lui a servi d’inspiration pour parler de ses découvertes des émissions de jour au petit écran, dont la série américaine Ma vie à 600 lb, prétexte à une kyrielle de gags décapants sur les obèses morbides, et leurs conjoints, toujours minces comme un clou à force de passer son temps à courir à l’épicerie…

«Et quand la madame a besoin d’aller à l’hôpital, on appelle les pompiers. Ça en prend douze, six de chaque bord. Pis quand elle passe pas dans’ porte, c’est pas comme un divan, tu peux pas enlever les pattes...» Un numéro méchant à souhait qui a eu son effet hilarant.

Pendant sa convalescence, P-A Méthot s’est aussi tapé plein d’émissions de rénovations. À sa grande surprise, il a découvert que plusieurs couples se font installer une chambre d’hôtel dans leur résidence, question d’avoir l’impression «d’être en vacances».

Les chambres d’hôtel, l’humoriste a donné. «J’en fais 150 par année. Je veux pu rien savoir, surtout les petits verres de plastique «feubles» (faibles) enveloppés dans le plastique et les p’tits savons carrés gros d’même qui sentent le CHSLD». Touché!

L’humoriste a aussi roulé un bon moment (un peu trop longtemps même) avec un segment sur son expérience dans une clinique médicale privée pour se faire enlever une «boule de chair» dans la région des parties intimes. Il n’en est pas encore revenu de voir des infirmières sexy en talons hauts, sources de fantasmes débridés qui ne se racontent pas ici.

Les mêmes infirmières qui lui ont refilé des pantoufles en cuir avant de le conduire dans une salle d’attente avec un laz-y-boy et une télé de 75 pouces. «La fille m’a donné la manette. À l’urgence, t’es pogné pour regarder Les feux de l’amour pas de son.»

S’il y a quelque chose que l’humoriste déteste, c’est bien d’assister à un mariage. Puisqu’il a eu peur de mourir dans la dernière année et qu’il ne veut plus faire le beau, il a décidé de passer son tour dorénavant. Fini d’être assis à la même table que le mononcle à l’habit qui sent le garde-robe et le Chinois que personne ne connaît, et d’avoir à faire «le p’tit train starté par une petite matante de 120 lbs». Et l’humoriste de délivrer ce conseil judicieux. «L’important dans un mariage c’est savoir s’en aller, c’est pour ça que c’est important de se traîner un enfant.» On retient ça.

Le spectacle s’est poursuivi, cahin-caha, au gré de mini-­numéros sur les salons funéraires — un autre endroit que l’humoriste a choisi de ne plus fréquenter —les machines à jus et la mode des produits cosmétiques à saveur de concombre. Rien ici pour écrire à sa mère.

Le dernier droit du spectacle s’est fait un tantinet plus sérieux, alors que l’humoriste s’est remémoré ses années d’adolescence à se faire «écœurer en masse» en raison de son poids. Il a avoué ne pas en vouloir à ses intimidateurs puisque c’est grâce à eux qu’il a choisi de se lancer dans le domaine des arts. «Ça m’a rendu service, j’ai tenu mon boutte. S’accepter comme on est, c’est la vraie façon de faire le beau.»

S’il n’avait pas eu «la voix d’un canard pris dans une souffleuse», le Gaspésien d’origine a avoué qu’il aurait aimé chanter. Et d’entonner alors le début de How Deep is your Love, des Bee Gees, le vieux succès de 1979 des Buggles, Video Killed the Radio Star, et... Fille de personne II, d’un certain Hubert Lenoir. «Même si j’ai pas la plus belle voix du monde, il y a 30 ans, ç’aurait peut-être été moi ce p’tit gars-là...»