L'acteur espagnol Javier Bardem, et le réalisateur Guillermo del Toro entourent Thierry Fremaux, directeur de l'Institut Louis Lalumière.

Le 10e Festival Lumière ouvre dans les pas de Jane Fonda

LYON — L'actrice et productrice américaine Jane Fonda est la principale tête d'affiche du Festival Lumière, qui se veut le «plus grand festival de cinéma de patrimoine au monde», dont la 10e présentation a débuté samedi en France à Lyon.

Après le cinéaste chinois Wong Kar-wai en 2017, l'actrice aux deux Oscars recevra le Prix Lumière et la programmation du festival, voué aux grands classiques restaurés, dédiera une large place à sa filmographie, des Félins, de René Clément (1964) à Stanley et Iris, de Martin Ritt (1990).

«Nous avons atteint notre but: doter la ville natale du cinéma d'un festival populaire. Des milliers de spectateurs s'y précipitent pour voir des classiques dans les salles de cinéma, au moment où l'on dit que le cinéma va mal», se félicite Thierry Frémaux, directeur de l'événement.

Le festival consacrera des rétrospectives au cinéaste français Henri Decoin, à son homologue hollywoodien Richard Thorpe, à la cinéaste britannique Muriel Box et au réalisateur chinois King Hu. Jean-Luc Godard sera aussi à l'honneur avec la rediffusion de tous ses films depuis 2001.

Cette 10e édition fera également la part belle à la filmographie d'invités, parmi lesquels Claire Denis, Liv Ullmann, Javier Bardem, Claude Lellouch et Françoise Arnoul, qui se prêteront à l'exercice de la masterclass.

Même programme pour le réalisateur mexicain Alfonso Cuarón, qui viendra présenter Roma, son dernier film récompensé du Lion d'or au festival de Venise. Ainsi que pour le cinéaste, acteur et critique américain Peter Bogdanovich qui présentera The Other Side Of The Wind, film inachevé d'Orson Welles dans lequel il joue aux côtés de John Huston.

Côté raretés, les cinéphiles pourront découvrir la restauration opérée sur plusieurs films réalisés par les Frères Lumière en 75 mm, «la plus large dimension jamais imaginée». Enfin, ils pourront revoir le chef-d'oeuvre de Stanley Kubrick 2001, l'odyssée de l'espace en 70 mm, dans les conditions de projection de 1968 ou encore la fameuse Trilogie du Dollar du maître du western spaghetti Sergio Leone, avec Clint Eastwood en cow-boy taciturne.

Pour les années à venir, l'organisation envisage la construction d'un lieu de «célébration du cinéma», entre musée et cinémathèque, à la place des anciennes usines Lumière — où fut inventé le cinématographe à la fin du XIXe siècle — détruites dans les années 1970 dans le 8e arrondissement de la ville. Ce projet est imaginé avec l'architecte italien Renzo Piano qui en a présenté une maquette samedi soir lors de la cérémonie d'ouverture à la Halle Tony Garnier.

«C'est encore une forme d'utopie mais c'est aussi comme ça qu'avec Bertrand Tavernier, on a inventé ce festival, en le rêvant d'abord», a souligné Thierry Frémaux avant de demander à Claude Lelouch, invité d'honneur de la cérémonie, de s'emparer d'une caméra pour filmer et «baptiser» cette maquette. Alors que le financement d'un tel projet reste à trouver, «on va commencer par faire une quête, quelqu'un va passer dans les rangées avec un chapeau», s'est amusé M. Frémaux.

Lancé en 2009 par l'Institut Lumière, le festival et son marché du film classique se dérouleront jusqu'au 21 octobre dans les salles de cinéma de l'agglomération lyonnaise. Quelque 170 000 festivaliers sont attendus pour cette 10e présentation, dont le budget avoisine les 3,8 millions d'euros (5,7 millions $CAN).