Comme l’an dernier, la rue St-Jean-Baptiste Baie-Saint-Paul sera très animée en fin de semaine, étant au cœur de la joyeuse ambiance du Festif !

Le 10e festif!: vague festive dans un flot d’estivants

BAIE-SAINT-PAUL — On sent déjà l’électricité dans l’air. Baie-Saint-Paul se prépare à accueillir 40 000 festivaliers, en plus du flot continu de vacanciers et d’estivants d’un jour qui vient y flâner, pédaler ou pagayer. Sur la rue Saint-Jean-Baptiste, tout ce beau monde se mélange. En bruit de fond, on entend le test de son des Louanges et les éclats de voix joyeux de l’apéro à L’Auberge des Balcons.

La journée a commencé tôt pour attraper le train de 9h au bas de la chute Montmorency, où les employés de la Sépaq en grève paradent avec pancartes et porte-voix. Une fois à bord avec vélo et bagages, il ne reste qu’à se laisser avaler par le paysage époustouflant, le fleuve qui brille de mille feux au soleil, la vue des prés et des falaises invisibles de la route. Le trajet est plus long qu’en voiture — 2h15 plutôt que 1h20 — mais a l’avantage de nous permettre d’arriver à Baie Saint-Paul plus zen, et prêt pour les trois soirs (voire nuits) de spectacles qui s’amorcent.

Cordés serrés

La ville se remplit peu à peu. Comme dans une rencontre de famille élargie, on se corde et on cohabite joyeusement. Les auberges sont pleines, les campings commencent à ressembler à de petits villages de tentes et de motorisés et chaque chambre libre dans les maisons semblent être occupée par des parents ou des amis en visite. 

Outre la Place Desjardins, la plus grande scène montée dans l’ancienne cour d’école adjacente au nouveau pavillon du Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, et la scène Sirius XM, une grande tente dans le stationnement d’en face, les jauges sont toutes petites. Un stationnement, une cour arrière, le sous-sol de l’église, un bar, un bus… Des endroits anodins qui seront transformés, bientôt, par des communions et des prestations survoltées. 

Chromeo

Accepter l’imprévu

Déjà, à 15h30, la fanfare Gipsy Pigs livrait une prestation impromptue devant la roulotte, rue Saint-Jean-Baptiste. En plus de tout ce qu’il y a à l’horaire «officiel» et qui nous obligera à faire des choix, le nombres de surprises ne cessent de se multiplier au Festif! On comprend déjà, après avoir discuté avec plusieurs habitués, que le festival ne cultive pas les grosses foules, mais plutôt des moments mémorables. 

Oubliez les indices donnés 24h à l’avance pour les pop up du festival d’été. Ici, c’est quelques heures d’avance qu’on met en vente les billets pour la prestation de Heartstreet dans un bus à 1h du matin. Pour Les Imprévisibles, on parle de notifications «quelques minutes d’avance». Bref, il faudra laisser de côté la planification maladive et sauter dans le train — ou dans le bus — lorsque l’occasion se présentera.

Il y a tout de même des rendez-vous qu’on ne veut pas manquer, comme le concert d’Alexandra Stréliski sous les étoiles, à minuit, au Jardin de François.

Le party est lancé

Jeudi soir, le party a démarré avec Les Louanges, dont les admirateurs enthousiastes (de plus en plus nombreux) étaient au rendez-vous. Le jeune auteur-compositeur-interprète originaire de Lévis s’est taillé une place sur la liste courte des finalistes du prix Polaris cette semaine. 

Puis Qualité Motel a chauffé la place avec son mélange de chansons kitsch, de classiques pop (dont un clin d’œil à Luc De Larochellière, qui jouait plus tôt en salle) et de compositions avec invités. Ils ont rappelé que Basilic, un de leur hymne, était né il y a deux ans sous la tente non loin de là et ont terminé en faisant jouer Alegria, un beau clin d’œil dans la ville qui a vu naître le Cirque du Soleil, dont l’anniversaire a inspiré la création du Festif!

Fanny Bloom, Sarahmée et Vinny Bombay sont montés les rejoindre le temps d’une chanson, alors que Jonathan Drouin, qui dansait pourtant avec une énergie débridée en début de spectacle, s’est blessé à la cheville et a dû laisser ses quatre comparses poursuivre sans lui. 

L’ambiance était bien installée. Ça suivait le tempo jusque dans la cuisine éphémère des Faux Bergers et du Mouton Noir, où une équipe s’affairait à préparer des crêpes et des hot-dogs de viande bio pour les affamés.

Avant les têtes d’affiche de la soirée, Naya Ali est venue livrer quelques chansons du haut d’un palier de l’escalier de secours du bâtiment à gauche de la scène. Une belle idée pour meubler l’attente tout en faisant découvrir une artiste au public.

Chromeo a surfé sur une vague plus techno et plus suave, avec plusieurs sonorités qui rappellent les années 80 — et des jambes féminines illuminées en guise de pieds de consoles. Si le duo était visiblement attendu par des spectateurs parés de tiges lumineuses et de couleurs néon, le niveau élevé de décibels et l’heure de tombée nous ont chassés du site. On vous raconte la suite demain.