Jean-Sébastien Ouellette, Maryse Lapierre, Amélie Bergeron et Olivier Lépine mettront en lecture quatre pièces cet automne à La Bordée. Au centre, le directeur artistique du théâtre, Michel Nadeau, se chargera de la mise en scène du spectacle <em>Le gars de Québec,</em> qui rassemblera 11 acteurs sur scène.
Jean-Sébastien Ouellette, Maryse Lapierre, Amélie Bergeron et Olivier Lépine mettront en lecture quatre pièces cet automne à La Bordée. Au centre, le directeur artistique du théâtre, Michel Nadeau, se chargera de la mise en scène du spectacle <em>Le gars de Québec,</em> qui rassemblera 11 acteurs sur scène.

L’automne à La Bordée: un «pied de nez» à la COVID-19

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
En ces temps de pandémie et de distanciation physique, monter une pièce avec 11 comédiens tient du défi. Dans ce qu’il décrit comme un «pied de nez» à la COVID-19, le directeur artistique de La Bordée, Michel Nadeau, a choisi de le relever en mettant en scène Le gars de Québec de Michel Tremblay, pierre angulaire de la programmation automnale du théâtre de la rue Saint-Joseph.

La pièce figurait déjà au programme de la nouvelle saison de La Bordée, inévitablement chamboulée par la pandémie. Le directeur artistique et metteur en scène a choisi d’aller de l’avant malgré tout, dans le respect des consignes sanitaires.

«La situation nous oblige à tout changer, observe-t-il. Si, au moins, on peut ne pas changer ça… C’est un petit peu baveux d’arriver avec 11 acteurs. Mais on le fait en respectant toutes les normes. Pour moi, il y avait une fierté personnelle à dire : “mon maudit virus, on fait la pièce comme prévu et on ne mettra pas notre monde au chômage”.»

Du 27 octobre au 21 novembre, la comédie prendra vie dans une salle à jauge réduite, avec une capacité d’accueillir quelque 140 spectateurs au lieu des 350 pouvant y prendre place en temps normal. La distanciation physique sera aussi observée sur les planches par les artistes impliqués.

«C’est certain que c’est un défi de travailler avec 11 acteurs en mode COVID, reprend Michel Nadeau. Ils ne sont pas toujours sur scène. Mais je fais ma mise en place avec des bâtons de deux mètres. Évidemment, ce n’est pas la même mise en scène que s’il n’y avait pas eu ça. Mais le fait que ce soit une comédie donne une certaine latitude. Je veux quand même qu’on fasse des clins d’œil à la situation. C’est une bonne pièce. Ça parle de corruption, de politique… On est encore là-dedans. J’ai fait mes devoirs et j’ai vu que la pièce n’en souffrira pas. Ce n’est pas ce qui était prévu, mais c’est une autre proposition de mise en scène.»

La pièce Le gars de Québec fera l’objet d’une captation vidéo qui sera mise en vente — et accessible à un moment précis — pour ceux qui préfèrent pour le moment éviter de se présenter en salle.

«On ne voulait pas arriver avec quelque chose comme Netflix que tu peux regarder n’importe quand. On voulait garder le rituel du théâtre», note Michel Nadeau.

Quatre lectures

La saison automnale à La Bordée sera lancée dès le 19 septembre avec une série de quatre lectures. La robe de Gulnara d’Isabelle Hubert brisera la glace dans une mise en lecture de Jean-Sébastien Ouellette. Quinze ans après avoir été montée à La Bordée, la pièce Les muses orphelines de Michel Marc Bouchard suivra le 26 septembre dans une mise en lecture d’Amélie Bergeron. Olivier Lépine supervisera la lecture de La controverse de Valladolid de Jean-Claude Carrière le 3 octobre, tandis que Maryse Lapierre fera de même pour La corneille de Lise Vaillancourt le 10 octobre.

«L’idée était vraiment d’occuper l’espace, résume Michel Nadeau. On s’est dit que comme ça, au moins, il y aurait des gens qui viendraient au théâtre. Ça va aussi nous permettre de nous ajuster dans toute la logistique de l’accueil avant de nous lancer dans une production avec plusieurs représentations.»

Deux productions invitées animeront aussi les planches de La Bordée cet automne. Le théâtre de La manufacture proposera le 1er décembre une lecture de la dernière pièce de Jean Marc Dalpé, La Queens’, qui mettra notamment en vedette Marie-Thérèse Fortin et David Boutin.

Quinze ans après le décès de Marc Favreau, artiste derrière l’inoubliable personnage de Sol, la compagnie ExLibris lui rendra hommage du 15 au 19 décembre avec le spectacle L’enfance de l’art — Doigts d’auteur de Marc Favreau. Ses textes seront interprétés par cinq comédiens et d’autres auteurs, notamment Anne-Marie Olivier, ont également été mis à profit.

Murale et résidences

Tel qu’annoncé au printemps, La Bordée accueillera dès le 6 octobre une murale signée par le duo de photographes Atwood. Celle-ci ornera le mur arrière du bâtiment jusqu’au mois de mai et sera constituée de 20 portraits de citoyens du centre-ville mis en parallèle avec des citations tirées de pièces qui ont été présentées au théâtre par le passé.

Trois auteurs bénéficieront également de résidences de création dans les prochains mois, soit Samuel Corbeil, Isabelle Hubert et Erika Soucy.

Détails et programmation complète au bordee.qc.ca