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Simon Lepage et Marie-Lee Picknell dans une scène de <em>L’amour est un dumpling.</em>
Simon Lepage et Marie-Lee Picknell dans une scène de <em>L’amour est un dumpling.</em>

L’amour est un dumpling: les codes de la romance en version améliorée

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
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CRITIQUE / Il est parfois fleur bleue et un peu quétaine, véritable ou encore platonique. Mais depuis mardi, celui qu’on retrouve au Périscope est… plutôt charnu, enroulé de pâte et cuit-vapeur. Présentée au théâtre de la rue Crémazie jusqu’au 19 juin, la pièce L’amour est un dumpling embrasse les clichés de la comédie romantique pour nous les servir à point. Un soixante minutes savoureux, à consommer sans modération.

Précisons-le toutefois dès le départ : ce n’était pas gagner d’avance pour L’amour est un dumpling. Si le décor classique, coloré et juste assez kitsch représentait bien l’ambiance de la plupart des restaurants asiatiques «apportez votre vin», le ton de la pièce, lui, a toutefois nécessité quelques minutes avant de se déployer complètement. 

Parce que cette rencontre entre Claudia (Marie-Lee Picknell) et Marc (Simon Lepage) débute sur un enchaînement de malaises et de stéréotypes qu’on a déjà vu cent fois – dans la plupart des «films de filles» à vrai dire.

Séparés depuis sept ans, les ex-amants se retrouvent au restaurant pour faire le point sur leur vie respective. Évidemment, l’ancien musicien bohème s’est transformé en bon père de famille blasé, qui vit en banlieue, conduit une mini fourgonnette et embrasse le moule de la normalité. Dans la même veine, mais de l’autre côté du spectre, Claudia habite toujours le centre-ville et a quant à elle fréquenté quelques hommes avant de se poser avec un mannequin qui la rend très heureuse – en théorie, bien sûr.

On apprendra assez vite la raison de ce souper : Claudia a quelque chose à demander à Marc. L’annonce, qui a de quoi surprendre, donne un second souffle à la pièce. La désillusion entre la jeunesse et la vraie vie d’adulte, entre ce qu’on souhaite être et ce qu’on devient, était bien présente depuis le début. Mais les situations embarrassantes et clichées que vivent les deux protagonistes se transforment dès lors en regard plus acide sur cette envie de tout laisser tomber et de repartir à zéro. Le qualificatif «aigre-douce», que l’équipe de L’amour est un dumpling utilise afin de décrire sa création, prend ici tout son sens. 

Simon Lepage et Marie-Lee Picknell dans une scène de <em>L’amour est un dumpling.</em>

Notons également la présence sur scène de la propriétaire du restaurant, interprétée par Sarangerel Tserenpil. Quoique secondaire, le personnage apporte énormément de sagesse à cette histoire romantique. En tant que «bonne fée marraine d’un soir», bien ancrée au 21siècle, la vieille femme confronte aussi gentiment ses deux clients, ce qui laisse place à des moments comiques significatifs. 

On pourrait peut-être, en bref, décrire le scénario de cette pièce, mise en scène par Marie-Hélène Gendreau, comme une montagne russe. Le texte lumineux, écrit par Mathieu Quesnel et Nathalie Doummar, navigue efficacement entre les rires et les moments touchants, les délires et les grands souvenirs. Une descente un peu abrupte attend toujours cependant les personnages : la réalité. 

Finalement, si la pièce finit par assimiler cette multitude de codes classiques, elle met surtout en scène une histoire distrayante, qui fait du bien au cœur. Amoureux dans la vraie vie, les deux acteurs principaux jouent d’ailleurs à proximité. De quoi oublier quelques instants la COVID-19 et passer du bon temps sans se casser la tête. Tout simplement.

L’amour est un dumpling est présenté au théâtre Périscope jusqu’au 19 juin prochain.