Marie-Chantal Perron et Normand D’Amour incarnent les parents de l’«adulescent» Tanguy dans la pièce éponyme présentée à la salle Albert-Rousseau.

L'«adulescent» Tanguy sur les planches

Dire d’un «adulescent» qu’il est un Tanguy, tout le monde comprend l’allusion qui n’a rien d’un compliment. Plus d’une quinzaine d’années après la sortie du populaire film, l’expression est entrée dans les mœurs pour décrire un rejeton d’un âge avancé qui colle à la maison familiale. Après le grand écran, au tour de la scène québécoise de faire ses choux gras de ce phénomène sociologique qui persiste.

«C’est devenu monnaie courante aujourd’hui de voir des enfants de 30 ans encore chez leurs parents parce qu’ils n’ont pas fini leurs études», témoigne Marie-Chantal Perron qui endosse le rôle joué à l’origine par Sabine Azéma. Normand D’Amour, son mari sur les planches, reprend le personnage défendu par André Dussollier dans le long-métrage d’Étienne Chatiliez.

Christophe Payeur, dans le rôle de l’insouciant Tanguy, et France Castel, la grand-mère, complète la distribution de la pièce, à l’affiche à la salle Albert-Rousseau les 27 et 28 mars, un mois avant la sortie de la suite du film, baptisée Tanguy : le retour.

Marie-Chantal Perron estime que la dynamique malsaine entre Tanguy et ses géniteurs contribue à ne pas l’inciter à partir de sitôt. «Les parents sont tannés, mais ce n’est jamais dit à leur fils, jamais un mot sur la game. Ils veulent qu’il parte, mais ils ne veulent pas le mettre dehors. Ils veulent tellement être cool, ils ont peur d’être de mauvais parents, surtout elle qui se sent davantage coupable. Quelque part, ils l’encouragent à rester. Ils lui font son lavage, lui donne des sous. C’est un double langage.»

Marie-Chantal Perron et Normand D’amour incarnent les parents de l,«adulescent» Tanguy dans la pièce éponyme présentée à la salle Albert-Rousseau. Photo Le Soleil, Pascal Ratthé

Père de deux enfants, Normand D’Amour n’a pas eu à composer avec un Tanguy sous un toit. Il en remercie le ciel. «Quand mon gars a eu 18 ans, je lui ai dit qu’il lui restait trois ans. À 21 ans, je l’ai mis dehors et aujourd’hui, il me remercie. Ça l’a forcé à mettre l’épaule à la roue de sa propre vie, un coup de pouce pour s’occuper de ses problèmes. S’il était resté à la maison quelques années de plus, je pense que j’aurais capoté.»

Déjà présentée à Montréal l’automne dernier, la pièce a attiré bon nombre de spectateurs qui ont vu le film. Certains viennent même avec leur fils, un Tanguy parfois. «On demande aux gens dans la salle (si c’est le cas). Personne ose le dire...» rigole Normand D’Amour.

Les voisins au théâtre

Les deux comédiens trouvent regrettable que la télésérie Demain des hommes, où ils formaient un couple, ne connaisse pas de suite, après une seule saison. «C’est dommage et triste que ça s’arrête. C’est une décision que personne ne comprend. Je serais embarqué drette là», affirme Normand D’Amour, qui incarnait un entraîneur de hockey junior dévoué corps et âme à sa profession.

Pour sa part, Marie-Chantal Perron, qui voit le rideau tomber sur Unité 9 et son personnage de l’IPL Madeleine Tessier, remontera sur scène à l’automne pour la reprise de la pièce Les voisins, de Claude Meunier et Louis Saia, qui fête ses 40 ans de création. Elle reprend le rôle joué à l’origine par Murielle Dutil, aux côtés de Guy Jodoin, Pierre-Luc Funk, Jean-Michel Anctil, Brigitte Lafleur, Rémi-Pierre Paquin, Marilyn Bourke et Catherine Brunet.

«Je vais être madame Mayonnaise. “Ça goûte donc bon d’la mayonnaise. On peut pas dire à quoi ça goûte…”» lance-t-elle en reprenant une réplique mémorable de son personnage.

La comédienne a aussi un projet de bande dessinée qui mijote sur le feu pour l’automne, conçu en collaboration avec Tammy Verge et l’écrivaine Kim Nunès. «C’est une belle histoire d’amitié entre deux femmes, inspirée de mon lien avec la fille de mon chum. Mais je préfère ne pas trop en dire...»