Le film de Stanley Kubrick «2001, l’Odyssée de l’espace» est sorti en 1968.

La voix de HAL dans «2001, l’Odyssée de l’espace» s'est éteinte

OTTAWA — Douglas Rain, l’acteur canadien qui avait prêté sa voix à l’ordinateur HAL 9000, précurseur de l’intelligence artificielle dans le film «2001, l’Odyssée de l'espace» de Stanley Kubrick, est mort à 90 ans.

Selon le festival de théâtre de Stratford, dont il était un membre fondateur, M. Rain est mort dimanche matin dans un hôpital proche de Toronto de causes naturelles.

«Le théâtre canadien a perdu l’un de ses plus grands talents et un phare qui a guidé son développement», a déclaré le directeur artistique du festival, Antoni Cimolino, dans un communiqué.

Né à Winnipeg, au Manitoba, l’acteur a fait ses premiers pas comme enfant star à la CBC avant de débuter sur scène — il a été la doublure d'Alec Guinness dans Richard III à Stratford — ou au cinéma. Il a cumulé plus de 40 apparitions, physiques et vocales, entre 1955 et 1995.

Douglas Rain affirme avoir enregistré le texte de «2001...» sans voir les images et n’avoir jamais vu le film.

Cependant, comme l’a fait remarquer Antoni Cimolino, «c’est avec HAL que Rain a laissé une marque indélébile sur la culture populaire».

«Rain avait un profond respect pour Kubrick, et en conséquence a essayé de protéger la voix [de HAL] de l’exploitation, en déclinant nombre de requêtes commerciales au fil des ans», a-t-il ajouté.

HAL était un ordinateur doué de conscience qui contrôle un vaisseau spatial en route pour Jupiter dans le film de 1968. Il interagit avec l’équipage avant de se retourner contre les astronautes, qui tentent d’éteindre cette intelligence artificielle dysfonctionnelle.

HAL et sa froide voix ont peut-être inspiré les assistants virtuels comme Siri (Apple) et Alexa (Amazon).

Stanley Kubrick avait choisi l’acteur après avoir remarqué sa voix monotone dans un documentaire sur l’espace, qu’il a décrit dans le livre de Kate McQuiston sur son œuvre comme «ayant une grande sincérité, et pourtant, à mon avis, d'une qualité frappante».

En 2018, Douglas Rain a expliqué au New York Times avoir enregistré le texte sans voir les images, et n’avoir jamais vu le film.