Jain

La sensation Jain

Française d’origine, élevée au Moyen-Orient et en Afrique, Jain est à l’image du grand village global qu’est maintenant la planète. Avec sa musique métissée et universelle nourrie au reggae, à l’électro et au rap, la chanteuse de 26 ans, véritable phénomène dans son pays natal, a même fait craquer Chris Martin.

L’an dernier, sur son compte Twitter, le leader de Coldplay a en effet mentionné Makeba comme l’un de ses coups de cœur du moment. Difficile, en effet, de ne pas succomber à cette entraînante chanson, dont le clip (tourné en Afrique du Sud) a été vu par plus de 54 millions de personnes sur YouTube.

Makeba, makeba, ma che bella, can I get a oooh wee / Makeba, makes my body dance for you

«J’étais hypercontente. Déjà qu’il ait écouté ma chanson, c’est quelque chose, mais qu’il l’ait appréciée en plus, forcément ça fait plaisir», explique la jeune femme, jointe par Le Soleil, le mois dernier, à Reims, au début d’une tournée estivale.

Sa présence au Festival d’été constitue une première visite pour elle à Québec. «J’en ai beaucoup entendu parler. On m’a dit que c’est vraiment chouette. On a préparé un bon show pour que les gens dansent. On espère qu’il fera beau.»

Premier succès à 16 ans

C’est à l’âge de neuf ans que Jain (née Jeanne Louise Galice) quitte Toulouse pour Dubaï et Abu Dhabi où elle suit son père, employé d’une compagnie pétrolière, et sa mère, d’origine malgache. Trois ans plus tard, la famille s’installe en République démocratique du Congo où se produit le déclic pour une carrière musicale. C’est là qu’elle compose à 16 ans son premier succès, Come.

«J’ai beaucoup voyagé, alors arrive un moment où l’on ne sait plus trop d’où l’on vient. J’avais besoin de m’exprimer et ça se trouve que c’est la musique qui m’a aidée à le faire, à foncer en tant que jeune adulte. C’est au Congo que je suis tombée amoureuse de l’écriture de chansons et de la musique en général. Mon séjour là-bas a clairement marqué mon style et mon identité musicale.»

C’est aussi à cette époque de son adolescence qu’elle décide de se faire appeler Jain, après avoir été séduite par un extrait du jaïnisme, une religion apparentée à l’hindouisme: «Ne sois pas désolé de perdre et ne sois pas fier si tu gagnes.»

«Je suis tombée sur cette phrase alors que je cherchais un nom de scène. Je voulais séparer ma vie professionnelle de ma vie de tous les jours, précise-t-elle. Dans le milieu musical, c’est facile de perdre son identité. Du coup, c’est devenu pour moi une sorte de mantra.»

N’empêche, d’avoir remporté l’an dernier, en France, le Victoire de l’artiste féminine de l’année et du clip de l’année, n’est-il pas un exploit susceptible de remplir de fierté? «Ce n’est pas la même fierté. Dans ce cas-ci, c’est surtout dans le sens de ne pas être arrogant.»

En français, un jour peut-être

Malgré ses origines, Jain n’a pas encore composé de chansons en français. Ce ne sera pas non plus pour son prochain album, à venir en août, qui s’inscrit dans les mêmes sonorités hip-hop, reggae et orientales que Zamaka.

«Quand j’ai commencé à écrire au Congo, c’était dans un anglais très simple pour que les gens me comprennent et puissent s’approprier mes chansons partout dans le monde. J’ai écrit en français mais je n’ai pas envie de les mélanger avec des chansons anglaises. Si j’écris en français, ce sera vraiment pour un seul album. Peut-être plus tard.»

Identité visuelle

Perfectionniste, Jain apporte un soin particulier à son identité visuelle. Elle s’est fait connaître par sa petite robe noire avec un col Claudine qui lui donnait en spectacle un air de petite fille sage. Pour son clip Alright, lancé le 25 juin, son choix s’est arrêté sur une combinaison bleue.

«C’est important, ça va de pair avec la musique. J’aime bien m’investir dans tout ce qui est griffes et pochettes. La musique, c’est quelque chose qu’on ne peut pas voir, qu’on ne peut pas palper, alors le seul moyen pour les gens d’avoir du visuel, c’est par les images et les couleurs. C’est important pour moi qu’ils comprennent aussi ma musique avec des images.»

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Vous voulez y aller?

  • Qui: Jain
  • Quand: 8 juillet, 21h10
  • Où: Place D’Youville
  • Accès: gratuit
  • Info: infofestival.com