Prévisible, incohérent et peu crédible, «La religieuse» n’arrive pas à nous faire dresser les cheveux sur la tête.

«La religieuse»: satanées visions! **

CRITIQUE / Les films de peur ne sont habituellement pas ma tasse de thé. Sauf exception, comme les très bons «Conjuration». «La religieuse» («The Nun») étant un antépisode, directement relié à la fin du deuxième tome, j’étais curieux… Cruelle déception. Le banal long métrage de Corin Hardy, prévisible, incohérent et peu crédible, n’arrive pas à nous faire dresser les cheveux sur la tête comme avait si bien réussi James Wan.

La religieuse débute en 1952, après le suicide d’une religieuse dans un couvent roumain. Le Vatican demande au père Burke (Demian Bichir), un prêtre hanté par son passé, et à Irène (Taissa Farmiga), une novice, d’enquêter. 

À leur arrivée, ils interrogent Frenchie (Jonas Bloquet), qui a découvert le corps pendu à une fenêtre. Le paysan accepte de les conduire sur place. Au couvent, le trio est confronté à des phénomènes surnaturels qui accentuent les visions d’enfer d’Irène et fait ressurgir un exorcisme pratiqué par le père Burke. Le prêtre découvrira bien assez tôt qu’ils sont aux prises avec le démon Valak.

On vous laisse imaginer le reste de cette énième variation du combat entre le Bien et le Mal, profondément ancrée dans les symboles religieux et la foi chrétienne.

Surtout que n’est pas James Wan qui veut. Le réalisateur sino-malaisien a une maîtrise hallucinante des codes du genre et sait jouer avec nos sentiments d’anticipation. Corin Hardy (Le sanctuaire, 2015) utilise tellement les clichés — les croix qui tournent, la musique sinistre, le bruitage, les gros plans sans profondeur — que chaque élément de terreur est télégraphié.

Frenchie, un «Canadien-français» (au fin fond de la Roumanie???), sert souvent de détente humoristique. Mais on a entendu les spectateurs rire à d’autres moments plutôt que de ressentir une tension — jamais bon signe.

Il faut dire que le réalisateur anglais dispose d’un scénario qui manque cruellement d’imagination, signé Gary Dauberman (Annabelle 1 et 2, produits dérivés des Conjuration). Sans parler des dialogues, souvent risibles.

On se demande ce que Demian Bichir, nommé à l’Oscar du meilleur acteur pour A Better Life (2011), fait là. Lui aussi, d’ailleurs, semble se le demander tellement il joue sans conviction. Taissa Farmiga, la sœur de Vera (Lorraine Warren dans les deux Conjuration), s’en sort mieux.

La religieuse réussit à établir un lien crédible, à la fin, avec le premier Conjuration.

Mais on s’attendait à beaucoup mieux, surtout que James Wan a agi comme producteur. Ma fille de 15 ans a passé son temps à noter les incohérences et à rigoler. Je vous laisse tirer vos conclusions.

AU GÉNÉRIQUE

• Cote: **

• Titre: La religieuse

• Genre: horreur

• Réalisateur: Corin Hardy

• Acteurs: Demian Bichir, Taissa Farmiga, Jonas Bloquet

• Classement: 13 ans +

• Durée: 1h36

• On aime: la photographie

• On n’aime pas: les incohérences. Le récit peu crédible. Les clichés du genre