«Saint Jérôme entendant les trompettes du jugement dernier» de Jacques-Louis David

La paroisse estime être bel et bien propriétaire du «Saint Jérôme»

Même si elle préfère ne pas intervenir dans le débat autour de la vente de l’œuvre «Saint Jérôme entendant les trompettes du jugement dernier» de Jacques-Louis David, la paroisse Notre-Dame-de-Québec estime être bel et bien propriétaire du tableau qui lui a été légué en 1922 par les sœurs Geneviève et Henriette Cramail.

Lundi, le gouvernement libéral et le Parti québécois se sont demandé si le gouvernement devait payer la paroisse pour conserver le tableau évalué à 6,2 millions $ qui a, selon eux, été «donné à la population du Québec». Le débat faisait suite à la décision de la ministre de la Culture Marie Montpetit d’émettre un avis d’intention de classement pour empêcher la vente du tableau à l’extérieur du Québec. Le gouvernement québécois pourrait être sollicité afin de compléter la mise si jamais le Musée de la civilisation et le Musée des beaux-arts de Montréal ne réussissaient pas à égaler l’offre du Musée des beaux-arts du Canada d’Ottawa.

«Personnellement, je trouve que le directeur général du Musée de la civilisation, Stéphan La Roche, a eu des mots très équilibrés quand il a dit que le tableau avait été donné par des individus, et non l’État, à une fabrique», souligne Mgr Denis Bélanger, curé de la paroisse Notre-Dame-de-Québec, indiquant qu’il souhaite laisser la poussière retomber avant de rediscuter avec les musées. «Actuellement, on n’intervient pas. Nous aurons d’autres occasions de rencontrer les musées et madame la ministre. Pour nous, ce sont des partenaires, ce sont des gens qui aiment le Québec et le patrimoine et nous aussi, nous aimons le Québec et le patrimoine. Je ne me mettrai pas en opposition avec ces personnes-là.»

La paroisse estime cependant être bel et bien propriétaire de l’œuvre. «Si les sœurs Cramail avaient voulu la léguer à l’État, elles l’auraient léguée au Musée du Québec, qui existait déjà à l’époque. C’est un peu comme pour un héritage, vous êtes vraiment propriétaire du bien quand vous en héritez. C’était leur choix de céder cette œuvre à la cathédrale et il n’y a pas grand monde qui peut dire qu’elle ne nous appartient pas», résume Mgr Bélanger.

Il se dit également conscient des lois existantes et rappelle que la paroisse n’a pas tenté de vendre l’œuvre à l’international. «Dans un tel cas, il aurait fallu demander un certificat d’exportation et nous ne l’avons pas fait», conclut-il.