L’Union des écrivains et écrivaines québécois souhaite doubler l’an prochain le nombre d’activités au menu de la Nuit de la lecture.

La Nuit de la lecture prend de l’ampleur

Préoccupée par les problèmes de littératie dans la population, l’Union des écrivains et écrivaines québécois (UNEQ) bonifie la seconde édition de La Nuit de la lecture, qui se tient cette fin de semaine, en implantant l’événement dans une trentaine de municipalités. Avec la volonté affirmée de déployer un agenda plus imposant en 2021.

«Le potentiel est encore en développement. L’événement n’est pas encore assez connu. On espère doubler le nombre (de lieux) l’an prochain», commente le directeur général de l’UNEQ, Laurent Dubois.

Inspirée d’une initiative à succès lancée en France il y a quatre ans, le troisième samedi de janvier, et qui a fait depuis des petits à travers le monde, La Nuit de la lecture permet au public de fréquenter gratuitement librairies, bibliothèques et autres lieux culturels une fois la nuit tombée, selon des horaires atypiques.

L’an dernier, cette grande fête du livre a rassemblé 450 000 participants dans quelque 2500 lieux à travers le monde. Au Québec, la première Nuit de la lecture s’est déroulée à un seul et unique endroit, la Maison des écrivains de Montréal. Plus de 200 personnes avaient assisté à cinq heures de lecture publique.

Pour l’Union des écrivains et écrivaines québécois, il est primordial de développer le goût de la lecture dès le plus jeune âge.

La Ville de Québec saute à son tour dans l’aventure samedi, à compter de 18h, en proposant une «soirée littéraire pour toute la famille», au Centre culturel Morrin Centre, dans le Vieux-Québec.

Lacune en littératie

L’UNEQ souhaite que La nuit de la lecture incite le gouvernement à s’intéresser davantage aux lacunes des Québécois en matière de littératie, terme qui signifie les aptitudes à comprendre ce qu’on lit et à utiliser l’écrit.

Les rares études disponibles estiment que le pourcentage de la population âgée entre 16 et 65 ans n’atteignant pas le niveau acceptable oscille entre 47% et 53% depuis 1989. Il s’agit d’un retard tant par rapport à l’Ontario qu’à la moyenne canadienne.

«Ça nous préoccupe. Chez les adolescents, la lecture est une activité en perte de vitesse, déplore Laurent Dubois. Le livre a des concurrents très forts. Je ne parle pas seulement des jeux vidéos, mais de tous les écrans. Lire une page Facebook c’est de la lecture d’un point de vue technique, mais ça demeure une activité passive. On parle plutôt du moment consacré de façon active à la lecture, alors qu’on se met dans une une histoire, une aventure, un essai.»

Une culture de la lecture

Pour l’UNEQ, il est primordial de développer une «culture de la lecture» dès le plus jeune âge. «Un jeune qui ne lit pas deviendra un adulte qui ne donnera pas l’exemple à ses enfants. On risque d’entrer dans une spirale dangereuse. On n’a jamais eu autant accès aux livres, avec les librairies et les bibliothèques, les salons du livre sont pleins, mais l’intérêt n’est pas universel. Il faut que la lecture ait une place claire dans notre vie. Ça demeure un bienfait pour la gestion du stress, la santé mentale. C’est aussi une ouverture aux autres. C’est fondamental.»

Fondée en 1977, l’Union des écrivains et écrivaines québécois rassemble plus de 1600 romanciers, auteurs dramatiques, poètes et essayistes.