La soirée de Mario Pelchat au Centre Vidéotron aura pris l’allure d’une grande messe rassemblant beaucoup d’artistes sur scène et beaucoup d’amateurs.

La grand-messe de Mario Pelchat

CRITIQUE / Les églises peinent peut-être à se remplir, mais Mario Pelchat, lui, semble n’avoir aucun mal à faire courir les fidèles. Ils étaient quelque 6500 à s’être déplacés au Centre Vidéotron, vendredi, pour écouter le plus célèbre des enfants de choeur de la province défendre des airs du répertoire catholique, ainsi que des cantiques de Noël, flanqué de huit prêtres du diocèse de Québec et d’une flopée d’invités.

Il avait mis toute la gomme, le Mario, pour revoir la musique religieuse avec laquelle il a grandi. Deux grands écrans étaient installés de part et d’autre de la scène, tandis que cinq étaient au dessus, accueillant des projections. Une vingtaine de musiciens de l’Orchestre symphonique de Québec avaient été recrutés, en plus des 12 instrumentistes de la troupe du chanteur.

C’est d’abord les prêtres qui ont pris le micro, ouvrant avec une version a cappella de En ce pays. Certains d’entre eux avaient visiblement la cote au sein du public, qui applaudissait vivement lorsqu’il voyait l’un de ses favoris à l’écran. Il faut dire qu’ils étaient à leur aise et offraient de belles harmonies.

Pelchat a ensuite fait son entrée pour une première partie consacrée surtout à un répertoire catholique contemporain. Le chanteur originaire de Dolbeau a plongé dans ces airs à sa manière, n’hésitant pas à pousser les notes lorsqu’il le sentait nécessaire. Le choeur Experience Gospel est venu enrichir son équipe en cours de route et Sophia-Rose Boulanger lui a donné la réplique. C’est toutefois véritablement à Pelchat qu’appartenait cette première partie, où il s’est entre autres attaqué à des pièces de Robert Lebel et John Littleton. 

Le leader, qui a partagé plusieurs anecdotes de son parcours, était visiblement à l’aise dans ces chansons, gorgées de bons sentiments. Or on ne peut dire que c’est ce matériel, qui ne se distinguait ni par son enrobage musical, ni par ses lignes poétiques — encore moins par les projections de paysages new age sur les grands écrans — qui nous a offert les meilleurs moments de la soirée. Il a en effet fallu attendre la deuxième partie pour apprécier des refrains mémorables et des morceaux où les harmonies vocales étaient davantage à contribution.

Brochette d’invités

Cette deuxième moitié du concert était par ailleurs l’occasion de mettre les invités à l’honneur. Joe Bocan a ouvert avec une version honnête de Venez divin Messie, après quoi Margau est apparue pour Sainte nuit. «Apparue» est le verbe de mise, puisque pour cette portion du spectacle, on avait disposé une crèche sur les planches et Margau, à l’arrière-scène, a pris l’allure d’un ange, ailes comprises. Le chanteur Michaël, lui, était au nombre des rois mages pour défendre Nouvelle agréable, le jeune Rafaël Dolan-Bachand avait un faux mouton sur les épaules pour sa version de Dans le silence de la nuit, qui a hautement plu à la foule, tandis que Cindy Daniel est allée chanter au beau milieu du public.

Si on pouvait avoir des réserves envers la mise en scène — la mini étable qui venait remplir une scène déjà débordante de monde était-elle bien nécessaire? — cette deuxième partie a bien fonctionné, culminant sur un Il est né le Divin enfant efficace et sans prétention de 2Frères, suivi par Les anges dans nos campagnes, avec l’ensemble de la distribution.

De retour pour le rappel, Mario Pelchat y est allé d’un Minuit, Chrétiens lui permettant de rappeler tout le souffle et la puissance vocale dont il dispose, pour le plus grand plaisir de ses fans. Ne cachant pas son bonheur au terme du concert, Pelchat est allé jusqu’à inviter le cardinal Gérald Cyprien Lacroix à prendre le micro. Ce dernier s’est enchanté qu’autant de gens aient «prié à travers ces belles chansons».

Une aventure aussi musicale que religieuse, donc, qui aura pris l’allure d’une grand-messe rassemblant beaucoup d’artistes sur scène et beaucoup d’amateurs, les uns et les autres quittant les lieux satisfaits.