Les Montréalais de Dead Obies sont arrivés avec un show sans le moindre temps mort, où chaque morceau permettait de rebondir sur le suivant.

La fougue contagieuse des Dead Obies

CRITIQUE / Le Festival d'été de Québec a su retomber rapidement sur ses pattes lorsque Mac Miller, qui devrait être la tête d'affiche au Parc de la Francophonie, mercredi, lui a fait faux bond, mettant la main sur les vétérans de House of Pain. Or plus que la troupe d'Everlast et Danny Boy, chiche et échevelée, ce sont les Dead Obies qui ont été les vedettes de cette soirée hip hop.
Les Montréalais sont arrivés avec un show sans le moindre temps mort, où chaque morceau permettait de rebondir sur le suivant. Pas de creux de vague ici, mais plutôt une longue ascension durant laquelle le public a suivi la bande avec plaisir.
Une formation qui peut se permettre de partager presque uniquement son matériel le plus récent est une formation qui a le vent dans les voiles. Et justement, les Obies s'en sont tenus à Gesamtkunstwerk, paru plus tôt cette année pour 10 des 11 titres interprétés.
Sur Jelly, en début de concert, le sextuor invitait le public à lui servir de chorale, et donc à s'approprier l'unique mélange d'anglais et de français de la troupe. Rendu à Explosif, à mi-parcours, le party était solidement installé dans le Pigeonnier. Yes Mccan a alors profité d'une petite pause pour remercier le Festival d'été qui «shut down la ville, qui fait une place aux Dead Obies et qui a donné un chèque de 10 000$ et 2-3 shows internationaux, tu comprends c'que j'veux dire?» ll faisait référence au fait que son band a reçu le prix Espoir FEQ, samedi dernier...
Le sextuor a eu droit à une très belle foule, qui n'a fait que grossir pour bien remplir les lieux (excluant la portion de l'agrandissement). Ça chantait sur les Where They @, comme ça levait les bras bien haut dans les moments enlevés. Il faut dire que les MC se sont assurés de toujours garder contact avec les festivaliers, instaurant une petite rivalité entre le parterre et la section VIP, ou descendant parmi la foule, comme l'a fait Jo RCA sur Aweille!. Ils ont achevé de mettre le feu avec l'endiablée Tony Hawk.
House of Pain fatigué
House of Pain a servi un show aux antipodes de ses prédécesseurs. Peu généreux, décousu, pratiquement sur le pilote automatique. DJ Lethal a chauffé la foule efficacement pendant une dizaine de minutes avant que les deux MC, Everlast et Danny Boy, ne fassent leur apparition, secondés par un batteur et un claviériste. Ils sont restés une cinquantaine de minutes, laissant ensuite Lethal terminer la soirée seul, devant des fans qui espéraient davantage.
<p>House of Pain </p>
Déjà, à leur entrée, sur Back From The Dead, on ne sentait pas une grande motivation animer les gars. Certes, Everlast a eu des ennuis cardiaques, or le groupe semblait las, comme s'il était mûr pour la retraite, alors que les deux leaders ne sont qu'à la mi-quarantaine. Ça ne s'est guère arrangé en cours de route. 
Entre les pièces, les interventions étaient sans intérêt et interchangeables, sauf lorsque Everlast a raconté qu'il avait visité la ville et songeait à demander ses papiers d'immigration, ce qui le forcerait à apprendre le français... Quant aux titres choisis, ils ne permettaient pas de faire lever les lieux de manière durable, même si le groupe pouvait jouer la carte de la nostalgie. Si ça décollait sur Same as It Ever Was, ça retombait un peu plus loin avec une reprise très moyenne de Folsom Prison Blues, de Johnny Cash, dont on cherche encore la pertinence, au-delà du fait qu'Everlast, qui avait sorti sa guitare acoustique, y voit la première chanson gansta rap. Il restait l'incontournable Jump Around, qui a effectivement fait sauter la foule, mais trop peu trop tard... D'ailleurs, si les lieux étaient presque remplis au départ, ils se sont graduellement aérés. Une performance chiche, qu'on préférera oublier.