L’exposition <em>La forêt ré-enchantée</em> du photographe Raymond Beaudry de Trois-Pistoles se veut une invitation à vivre autrement notre rapport à la nature.
L’exposition <em>La forêt ré-enchantée</em> du photographe Raymond Beaudry de Trois-Pistoles se veut une invitation à vivre autrement notre rapport à la nature.

La forêt ré-enchantée: une invitation à vivre autrement notre rapport à la nature

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
Se voulant une invitation à vivre autrement notre rapport à la nature, l’exposition La forêt ré-enchantée du photographe Raymond Beaudry de Trois-Pistoles suggère une nouvelle façon d’habiter la forêt et de s’inventer des récits qui donnent l’espoir d’un recommencement.

Le projet a pris naissance à l’automne 2018 dans une classe de maître dirigée par la photographe Caroline Hayeur. Le projet devait s’inspirer d’une proposition de la commissaire Ève Cadieux, dont le thème était «Recommencement». «L’idée était d’imaginer l’avenir avec optimisme, sans toutefois tomber dans l’illusion, en inscrivant l’œuvre photographique dans la possibilité de vivre dans des environnements meilleurs», peut-on notamment lire dans le texte de présentation.

Pour son projet, Raymond Beaudry a tout particulièrement retenu la dernière phrase du texte d’Ève Cadieux: «C’est de lumière dont nous avons besoin pour penser le présent, imaginer la nature, la culture et notre avenir autrement.»

Le photographe Raymond Beaudry a commencé son projet d’exposition intitulée <em>La forêt ré-enchantée</em> en 2018.

Une randonnée inspirante

Cette lumière a jailli lorsque le photographe a rencontré l’artisan-ébéniste et sculpteur Luc Malenfant qui l’a invité à faire une randonnée dans sa forêt située à Saint-Mathieu-de-Rioux, dans Les Basques, et au cœur de laquelle il a créé des sculptures mythologiques. L’espace est ainsi habité par un satyre, un Minotaure, un centaure, un elfe et un sage. Récemment, l’artiste a ajouté des sorcières. «C’est une façon de voir que la forêt est occupée par des esprits, par des récits mythologiques, illustre Raymond Beaudry. Au Moyen-Âge, on voyait la forêt comme étant un lieu de mystère. On racontait toutes sortes de choses autour de la forêt. Encore aujourd’hui, la forêt suscite des récits et une dimension symbolique qui semblent disparaître pour y voir juste des espaces à récolter et à exploiter.»

Les photos de l’exposition <em>La forêt ré-enchantée</em> ont été prises dans la forêt de Luc Malenfant située à Saint-Mathieu-de-Rioux.

En parcourant la forêt de Luc Malenfant, le photographe, qui est titulaire d’un doctorat en sociologie de l’Université Laval et également chargé de cours à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), a découvert qu’ils avaient tous deux une conception semblable du rapport à la nature. «La question des mouvements sociaux, du territoire, du rapport à la nature, ce sont toutes des choses sur lesquelles j’avais déjà travaillé. Je me suis dit qu’il y avait là quelque chose d’assez fascinant [...]. La forêt est aussi un milieu de vie. C’est un espace pluriel et habité par des animaux.»

Les photos de l’exposition <em>La forêt ré-enchantée</em> ont été prises dans la forêt de Luc Malenfant située à Saint-Mathieu-de-Rioux.

Les quatre saisons en photo

L’artiste a pris ses premiers clichés dans cette forêt fantastique à l’automne 2018. Puis, il y est retourné à l’hiver, au printemps et à l’été 2019. «J’ai voulu montrer le passage des saisons. J’y suis allé de 20 à 30 fois pendant l’année pour essayer de voir comment je pouvais rendre compte de ces sculptures.» Puis, pour ce passionné qui s’adonne à son art depuis une dizaine d’années, il importait de trouver un angle qui permettait d’apporter une dimension réelle visant à démontrer la créativité du sculpteur et à la fois surréelle dans sa manière de cadrer pour ajouter plus d’énigmes à ses photos.

«J’ai essayé de révéler autre chose qu’une simple sculpture pour faire appel à l’imaginaire. Des gens regardaient une photo et ils me disaient qu’ils voyaient un oiseau, alors que ce n’était pas du tout un oiseau que j’avais photographié. On voit plein de choses! Dans la manière dont je photographie, c’est vraiment le lien entre le spectateur ou la spectatrice et la photographie qui stimule l’imaginaire, qui renvoie d’autres images.»

Les photos de l’exposition <em>La forêt ré-enchantée</em> ont été prises dans la forêt de Luc Malenfant située à Saint-Mathieu-de-Rioux.

Exposition itinérante

L’installation comporte 25 photos de 20 pouces (50,8 cm) sur 24 pouces (61 cm) avec un texte de présentation. Après avoir été présentée le long de la promenade située au centre du village de Saint-Mathieu-de-Rioux, l’exposition photographique est installée jusqu’au 12 octobre au parc de l’église de Trois-Pistoles.

Elle prendra ensuite la route vers le Carrefour de la littérature, des arts et de la culture (CLAC) de Mont-Joli; le BeauLieu culturel de Témiscouata-sur-le-Lac; la Maison de la culture de Rivière-du-Loup et la Galerie d’art Mouvement Desjardins de l’UQAR.