La distanciation sociale pourrait devenir un atout pour Imagine Van Gogh

Vous avez encore espoir de voir Van Gogh à Québec cet été? Le producteur Paul Dupont-Hébert, lui, est un homme positif. Si les scénarios redoutés venaient à arriver, il pourrait prolonger l’exposition immersive jusqu’en octobre, ou bien la tenir pendant les vacances des Fêtes. Plein de possibilités sont sur la table. Et ce n’est pas la distanciation sociale qui lui fait peur. En fait, il s’en réjouit presque.

Tout est prêt, ne manque plus que le feu vert pour l’ouverture du Centre des congrès de Québec. 

«On est en attente de la permission du gouvernement. Le Centre des congrès est une institution des plus respectées pour l’hygiène, c’est une équipe de gens excessivement professionnels. Ils pourront appliquer toutes les mesures sanitaires nécessaires, et même plus», insiste Paul Dupont-Hébert.

Imagine Van Gogh, consacrée à l’œuvre du peintre impressionniste Vincent Van Gogh, se veut une «expérience insolite» qui permet au public de déambuler à travers d’immenses projections d’environ 200 de ses tableaux, sur la musique de Saint-Saëns, Mozart, Bach et Satie. 

Après avoir voyagé dans plusieurs pays, l’exposition était présentée à Montréal depuis le 5 décembre. Elle devait voir le jour à Québec à compter du 26 juin et prendre fin le 12 septembre.

Dans le meilleur des mondes, Paul Dupont-Hébert sera prêt à ouvrir les portes du Centre des congrès aux visiteurs dans un mois, en juillet, ce qui laisse deux semaines pour l’autorisation du gouvernement, et deux semaines pour l’installation de l’exposition. 

«Si on manque le rendez-vous de l’été pour des raisons évidentes, on trouvera un autre rendez-vous. C’est vrai qu’il y a de la demande pour l’exposition un peu partout sur la planète, il y a des parties du Canada déconfinées avant d’autres... Mais on espère pouvoir prolonger le temps de l’exposition ici, à Québec.»

Une étape demeure quelque peu inquiétante : pour la touche finale de l’installation, les concepteurs européens doivent venir sur place. Ils devront voyager de Paris jusqu’à Montréal. Pour l’instant, le vol se fait tous les jours, mais les consignes du gouvernement concernant les voyageurs par affaires devront être claires, et plus souples. «Ce n’est pas insurmontable, en Europe, ça voyage déjà pas mal», note le producteur.

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Distanciation sociale, tant mieux

Une chose est certaine, les mesures sanitaires telles que le fameux deux mètres ne gâcheront pas l’expérience.

«On ne sera pas perdant. Ce n’est pas comme un spectacle où des gens sont regroupés en gang pour rire et applaudir. Pour l’humour et la musique, ça fait partie du buzz. Là, c’est une expérience individuelle, un monde fascinant. La musique est relativement forte et présente, personne ne se parle, c’est une expérience contemplative et envahissante. Quand il y a une foule, l’expérience est moins intéressante», explique Paul Dupont-Hébert.

Quand l’exposition était installée à Montréal, le producteur recommandait à ses amis d’y aller pendant les jours moins achalandés, pour en profiter davantage.

Il y aura des lavages de mains, un parcours aéré, plusieurs séances de nettoyages, des masques... et des plus petits groupes, tant mieux. Même que les visiteurs pourront rester plus longtemps au travers des tableaux, le cycle de projection sera doublé pour chaque groupe.

Paul Dupont-Hébert

Événement enterré par la pandémie?

Beaucoup étaient enchantés, voire énervés, de l’arrivée à Québec de Imagine Van Gogh. Est-ce que la pandémie aura freiné cette excitation? 

«Je crois qu’humainement, la pandémie a un peu ralenti les ardeurs de tout le monde dans tous les domaines. Mais je ne crois pas qu’il y aura un manque d’intérêt, c’est quand même une exposition très séduisante, romantique et agréable. Pour moi c’est comme les Beatles, Van Gogh, tout le monde aiment ça. C’est une activité culturelle parmi les plus jolies qu’il puisse avoir. Un plaisir pour le coeur.»

Ce ne sera certainement pas l’été touristique que le producteur et son équipe avaient envisagé, mais Paul Dupont-Hébert, en éternel positif, croit que les visiteurs viendront de partout dans la province pour admirer le spectacle.

«Dès qu’on aura l’autorisation pour le Centre des congrès, ce sera une note positive. On voit que les gens sortent de chez eux, il y a des files d’attente devant les commerces, la vie reprend. Ils viendront pour Van Gogh aussi», termine le producteur.