La dérape, c’est aussi l’opposition de la richesse, celle des St-Pierre, et d’un mode de vie modeste, celui des Samson.

La dérape tient bien la route

On peut dire qu’on est gâtés depuis quelques années en fictions qui s’adressent aux adolescents ou aux jeunes adultes. La qualité de séries comme Le chalet et Jérémie à VRAK, et L’Académie au Club illico, est indéniable. Et ma foi, on a de très bons jeunes acteurs au Québec.

Prenez Camille Felton, la vedette principale de La dérape, nouveauté du Club illico en ligne depuis hier, et qui a été tournée et produite à Québec. Cette jeune comédienne est d’une telle vérité dans tous ses rôles, que ce soit dans Feux l’année dernière ou actuellement dans Fugueuse. 

Elle incarne cette fois Julia Samson, une jeune têtue qui carbure à la passion du karting, malgré l’opposition de ses parents, joués par Hélène Florent et Sébastien Delorme. La famille revient de 10 années à Phoenix pour s’installer à Québec, après la mort tragique du fils, Thomas, coureur de Formule 3000, qu’on voit en flashback, interprété par Lou-Pascal Tremblay.

Outre les séries à sketchs Complexe G et LOL :-), toutes deux produites chez QuébéComm, La dérape est la première série dramatique produite dans la capitale depuis Chabotte et fille. Le drame sportif émane de la maison de production Parallaxes, née il y a huit ans, et qui a produit aussi le film La chute de Sparte, adaptation du roman de Biz. Même si tous les rôles principaux ont été attribués à des acteurs de la métropole, environ 65% de l’équipe de La dérape provenait de Québec. Le tournage de LOL :-), qui avait lieu en même temps, a compliqué l’embauche de techniciens locaux.

Par son sujet, La dérape représentait un défi de logistique important. On a tourné dans un véritable club de karting à Château-Richer, et embauché une vraie pilote de karting, Sabrina Caron, qui agissait aussi comme doublure de Camille Felton en plus de chorégraphier les scènes de course. À ce titre, on nous annonce d’ailleurs un 10e épisode très excitant.

L’idée originale est de Richard Lacombe, et le scénario, de Christian Laurence. Les deux se partagent la réalisation des 10 épisodes de 22 minutes, déjà tous disponibles. Christian Laurence, qui a réalisé Web thérapie à TV5, se réjouit d’avoir pu tourner la série à Québec et parle même d’une ambiance de camp de vacances. «Ça a vraiment créé une bulle autour de la production, tout le monde restait ensemble à la fin des journées de tournage», confie l’auteur et réalisateur.

J’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu. Guy Jodoin est excellent en propriétaire de club de karting, Rick St-Pierre, qui pousse ses deux fils jumeaux à piloter, jamais satisfait de leurs performances. Il se montre particulièrement exigeant envers Matt (Maxime Gibeault), le plus détestable des deux, et le plus délinquant aussi. L’autre, Alex (Samuel Gauthier), plus sérieux, sera tout de suite attiré par Julia, en qui St-Pierre met tous ses espoirs.

La dérape, c’est aussi l’opposition de la richesse, celle des St-Pierre, et d’un mode de vie modeste, celui des Samson. Quand le père de Julia, aussi un ancien coureur, quémande un emploi à Rick St-Pierre, celui-ci lui offre d’œuvrer à mi-temps comme vendeur de voitures et mécanicien au club de karting. Voilà qui ouvre la porte à Julia, excitée à l’idée de reprendre le volant. Très douée, la jeune pilote devient rapidement une menace pour Matt St-Pierre, hostile à son endroit.

Marie Turgeon incarne l’épouse de Rick St-Pierre et mère des jumeaux. Camille Felton retrouve ici Ludivine Reding, l’héroïne de Fugueuse. Les rôles sont inversés cette fois, puis celle-ci hérite d’un personnage secondaire, Émilie, avec qui Julia se lie rapidement d’amitié.

Alors que L’Académie visait principalement les adolescentes et leurs mères, La dérape s’adresse à toute la famille. On peut même la regarder à partir de huit ans, même si on risque de s’y intéresser davantage à partir de 13 ans. 

Il s’agit de la septième série originale québécoise pour le Club illico, qui compte maintenant 400 000 abonnés, à 10$ par mois. «On s’apprête à faire de grandes annonces. Je pense qu’on va encore une fois casser la baraque», m’a confié Caroline Paquet, vice-présidente commercialisation et contenu chez Vidéotron. Encore plus de fictions originales, qui s’ajouteront aux populaires Blue Moon, Victor Lessard et la prochaine, Léo, comédie de Fabien Cloutier, à venir à la fin de l’année.

Bande-annonce