Ariane Moffatt, autrice-compositrice-interprète
Ariane Moffatt, autrice-compositrice-interprète

Ariane Moffatt, autrice-compositrice-interprète

«Pour l’instant, je pense qu’on encaisse. On est des réceptacles, on est constamment en situation de devoir s’adapter. Comme artiste en ce moment, dès que je me mets à penser à ce que je pourrais écrire, je ne trouve pas que c’est cohérent. On est encore trop dans la digestion de ce qui se passe et qui change chaque jour.»

«C’est la fameuse idée de ne pas savoir ce qui nous attend dans la vie. Quand on a trinqué avec ma blonde pour la nouvelle année, on parlait des choses qui pourraient arriver. C’est tellement l’imprévisible et l’inconnu. Il faut voir comment on navigue… C’est comme si on est tellement habitués au confinement qu’on en vient à penser qu’on est déconfiné. On est dans une routine, on est dans de nouveaux paramètres auxquels on s’est adapté. Ç’a l’air moins contraignant qu’au début. 

J’ai vécu une chose vraiment intense et prenante le jour où on a appris qu’il n’y aurait pas de festivals jusqu’au 31 août. Le même jour, la mère de ma blonde, comme 100% des gens dans sa résidence privée, a été diagnostiquée positive… 

Je pense que nous, on n’expérimente pas le vrai drame des proches qui perdent des êtres chers, des gens qui sont dans le système de santé. Nous, on est des pare-balles pour diminuer la propagation. Quand, dans cette même journée-là, il y avait de l’inquiétude par rapport à son état versus le fait que je n’avais plus de spectacles pour l’été, j’ai vraiment relativisé. 

Finalement, elle est passée à travers avec une grosse fièvre. Elle va mieux. Mais pendant cette journée-là, il y avait de l’information mauvaise, Florence se rendait là pour des soins de fin de vie. C’était vraiment, vraiment dramatique. 

Ça peut être bien abstrait de dire qu’on est confiné. Mais il y a des gens qui vivent cette crise-là bien différemment, à une échelle bien plus intense.»