Un disque de plâtre malmené par un marteau finit par créer une musique.

La création évolutive de Rude Ingénierie

En prélude au Mois Multi, qui sera officiellement lancé le 2 février, le Théâtre Rude Ingénierie (TRI) s’installe ces jours-ci au Studio d’essai du complexe Méduse avec Saison complète, une ambitieuse proposition en trois temps qui fera passer le spectateur du local d’exposition, au plateau de tournage, à la salle de projection. Le tout à partir d’une même matière première, qui évoluera au fil des jours.

Cette nouvelle création de la compagnie de Québec se déroulera sur une période de 11 jours, du 25 janvier au 5 février. Et fidèle à l’habitude du TRI, elle mettra à profit toutes sortes d’intrigantes machines. Ici un disque de plâtre malmené par un marteau qui finit par créer une musique. Là un grand pendule ou une «déchiqueteuse à miroir», comme l’appelle Philippe Lessard Drolet, qui a fondé la compagnie avec Pascal Robitaille et Bruno Bouchard.

Ce sont ces machines que le public pourra d’abord découvrir lors du volet installation, entre le 25 et le 28 janvier (vernissage de l’expo le 24 janvier à 17h). Six artistes s’inviteront ensuite parmi elles le temps de quatre performances de 45 minutes (du 29 janvier au 3 février), dont des parties seront immortalisées par une caméra robotisée.

Philippe Lessard Drolet, Pascal Robitaille et Bruno Bouchard ont fondé le Théâtre Rude Ingénierie.

La proposition et l’espace se transformeront de jour en jour, sous l’effet des machines et des performeurs. «Tout est pensé pour être en évolution. Si on revient deux jours plus tard, ça va être le même environnement, mais il va porter la trace de ce qui s’est passé…» précise Philippe Lessard Drolet.

Le volet final consistera, le 5 février, en la projection du film créé au fil des quatre épisodes. «Il y a cette double écriture. Les gens qui sont dans la salle assistent à un spectacle. Mais il y a l’autre trame qui est ce que la caméra va filmer», ajoute l’artiste, évoquant une réflexion sur «le sens caché des choses».

«Ce qu’on essaie de fabriquer, c’est une fable où tout a l’air chaotique, où on comprend qu’il y a des relations, mais on ne sait pas c’est quoi le code, reprend-il. Le jeu que nous avons pour écrire et qu’on aimerait transmettre aux spectateurs, c’est de savoir que tout est là pour une raison. À un moment donné, il y a suffisamment de liens qui se tissent pour qu’on comprenne qu’il y a un grand code qui organise les choses entre elles…»

Note: l’accès à l’installation de Saison complète est gratuit. Il en coûtera 7 $ pour assister aux performances filmées et à la projection du film, ou 20 $ pour l’expérience complète. Détails au mmrectoverso.org