La classe culturelle française soutient les «gilets jaunes»

PARIS — Des comédiennes comme Juliette Binoche ou Emmanuelle Béart, des écrivains comme Édouard Louis ou Annie Ernaux ainsi que 1400 autres acteurs du monde de la culture en France ont apporté samedi leur soutien au mouvement des «gilets jaunes», de retour dans la rue pour la 25e semaine consécutive.

Dans une tribune intitulée Gilets jaunes: Nous ne sommes pas dupes!, publiée sur le site du quotidien Libération, ces comédiens, écrivains, dessinateurs ou scénaristes saluent «un mouvement que le pouvoir cherche à discréditer et réprime sévèrement alors que la violence la plus menaçante est économique et sociale».

Lancé mi-novembre, ce mouvement inédit en France continue à organiser chaque samedi des manifestations à travers tout le pays pour contester la politique sociale et fiscale du gouvernement, même si la mobilisation s’est essoufflée ces dernières semaines.

Selon les signataires de la tribune, le mouvement «réclame des choses essentielles : une démocratie plus directe, une plus grande justice sociale et fiscale, des mesures radicales face à l’état d’urgence écologique».

«Les “gilets jaunes” c’est nous», insistent-ils, en se déclarant «absolument concernés par cette mobilisation historique».

«Nous voyons bien les ficelles usées à outrance pour discréditer les “gilets jaunes”, décrits comme des anti-écologistes, extrémistes, racistes, casseurs...», dénoncent-ils. «La manoeuvre ne prend pas, ce récit ne colle pas à la réalité même si médias grand public et porte-parole du gouvernement voudraient bien nous y faire croire», ajoutent les signataires.

Ces derniers dénoncent également une «répression qui s’aggrave chaque semaine». «Rien ne justifie la mise en place d’un arsenal législatif dit “anticasseur” qui bafoue nos libertés fondamentales», estiment-ils.

«Nous continuerons à nous indigner, plus fort, plus souvent, plus ensemble», préviennent les signataires sur la plate-forme nousnesommespasdupes.fr.

Avant cette pétition, l’écrivaine Danièle Sallenave, membre de l’Académie française, avait elle aussi apporté son soutien au mouvement des «gilets jaunes» dans un court essai intitulé Jojo le gilet jaune dénonçant le «mépris de classe» dont les protestataires — issus pour beaucoup des classes populaires — font selon elle l’objet.