Le groupe KPLR, formé de David St-Germain, Didier Noreau et Frédéric B. Girard, vient de lancer un deuxième album, <em>Mises en scène</em>.
Le groupe KPLR, formé de David St-Germain, Didier Noreau et Frédéric B. Girard, vient de lancer un deuxième album, <em>Mises en scène</em>.

KPLR: l’amitié plus forte que tout

Six ans se sont écoulés depuis le premier album de KPLR. Les trois membres du groupe – Frédéric B. Girard, Didier Noreau et David St-Germain – ont mis leur carrière entre parenthèses, le temps d’affronter quelques vents de face personnels. Un hiatus qui a soudé le trio plus que jamais le trio et mené à un nouvel album, Mises en scène

Évidemment, les trois copains de Québec auraient préféré un lancement en des temps plus festifs. Chacun est confiné de son côté, à répéter en solo, en attendant le retour à une vie plus normale. «On attend de voir si on pourra jouer sur scène, mais pour l’instant, tout est en stand-by», confie le chanteur et bassiste du band, Frédéric B. Girard.

La pilule est d’autant plus difficile à avaler que les trois musiciens avaient trimé dur depuis un an. Après Déséquilibre, lancé en 2014, qui a permis à KPLR (prononcez Ké-plère) de se faire un nom sur la scène musicale de la capitale, l’heure était à l’optimisme. «C’est un gros morceau, cet album. On n’est pas peu fiers de ce qu’on a fait. On n’a pas tourné les coins ronds.»

Inspiré du célèbre astronome du XVIe siècle Johannes Kepler – son nom expurgé de ses voyelles - KPLR puise dans un répertoire «très large», où le rock folk et progressif côtoie le pop. «Ce qui nous a toujours guidés, c’est la chanson en tant que telle, ce que nous inspire une mélodie ou une chute d’accords. À partir de là, on essaie d’exprimer quelque chose avec notre son. On est toujours au service de la chanson et de ce qu’elle nous inspire sur le moment.»

Signe quasi prémonitoire, la première composition rendue publique cette semaine s’intitule Chanson d’espoir, créée à une époque plus sereine. «C’est une chanson qui parle de ces moments où on a parfois l’impression que des distances se créent entre les personnes, que ce soit en amour, en amitié ou dans les familles. On parle de l’idée du souvenir. On en revient toujours au final, peu importe les circonstances.»

«Notre façon de composer est très démocratique, poursuit Frédéric B. Girard. On a de longues séances d’écriture ensemble. Des fois, on peut passer une journée entière juste à travailler sur un texte. On s’assure que chacun soit satisfait de chaque mot ou presque.»

Studio à L’Ange-Gardien

Pour la fabrication de Mises en scène, le trio a construit un studio maison dans le garage du batteur Didier Noreau, à L’Ange-Gardien. Une «petite chaumière le fun», insonorisée avec soin, lui permettant de devenir «maître de ses enregistrements». L’endroit sert aussi de laboratoire à l’exploration sonore.

«On était trop limité avant. On avait envie de faire plus de recherches. C’est très intéressant d’explorer les textures sonores. Il faut juste savoir comment utiliser les outils. Pour l’album, on s’est concentré sur la réalisation et la prise de son. Pour le reste, on a collaboré avec des pros, comme Simon Pedneault, le guitariste de Louis-Jean Cormier et de Patrice Michaud, qui a fait le mixage.»

En cette période de confinement obligatoire, les trois musiciens prennent leur mal en patience. Comme la plupart des artistes, le brouillard est opaque sur l’écran radar. «J’ai beaucoup d’amis musiciens qui subissent du stress et de grosses pertes financières. C’est difficile de prévoir comment la scène musicale va évoluer. C’est tellement incertain. On aimerait ça diffuser au moins une session live dans notre studio dans les prochains mois. On a plein de projets.»

Chose certaine, termine-t-il, l’amour de la musique et les liens qui unissent les trois musiciens restent plus forts que tout. «Le band restera toujours soudé. On est d’abord et avant tout de grands amis, presque une famille, peu importe les circonstances.»