Klô Pelgag a livré jeudi une prestation vocalement juste et musicalement précise, revisitant avec une énergie craquante ses chansons.

Klô Pelgag: rigueur et folie

CRITIQUE / Pourquoi se contenter de jouer sagement ses nouvelles compositions sur scène quand on peut le faire sous les blacklights, vêtue d'une combinaison de velcro sur laquelle s'agrippent peluches et objets divers? Alliant une indéniable rigueur musicale et un déluré sens de la représentation, Klô Pelgag a fait déferler sa douce folie, jeudi, dans un Impérial affichant complet.
L'auteure-compositrice-interprète est débarquée dans la capitale armée de tout un bric-à-brac : une immense cage thoracique pendant du plafond, surplombant toutes sortes de bébelles accrochées au piano et aux musiciens, qui avaient l'air de s'être roulés dans un coffre à jouets. Bref, Klô et sa bande ont fait honneur aux pièces de ses deux albums - dont l'excellent et très orchestral L'étoile thoracique, paru en novembre - dans une orgie d'accessoires ludiques et de déclarations décalées. 
On peut craquer on non pour ce contenant... Mais on peut difficilement en tenir rigueur à l'artiste. Parce que son contenu n'en souffre aucunement. Entourée de cinq musiciens (dont un trio de cordes), Klô Pelgag a livré jeudi une prestation vocalement juste et musicalement précise, revisitant avec une énergie craquante ses chansons.
Le public de l'Impérial n'attendait pas moins d'elle, à en croire l'accueil du tonnerre qu'il lui a réservé. «J'ai cru percevoir un certain entrain, une certaine hystérie. Ça me console par rapport à ce qui se passe dans le monde, ça me sécurise», a d'ailleurs confié la demoiselle Pelgag. 
Au moment d'écrire ces lignes, le spectacle battait son plein et la colorée troupe nous réservait sans doute encore bien des surprises. Heure de tombée oblige, elles resteront entre la musicienne-magicienne et ses fans...
Helena et Emilie
Cette soirée toute féminine (ou presque!) a été lancée par l'auteure-compositrice-interprète de Québec Helena Deland, discrète dans ses interactions avec le public, mais convaincante en musique, dans un créneau rock introspectif fort en guitares mettant bien sa voix en valeur. 
Juste après, la harpiste Emilie Kahn a réussi l'exploit peu commun de faire taire la foule, généralement bavarde lors des premières parties des spectacles aux Nuits FEQ de l'Impérial. Vrai que la musicienne, qui fait carrière sous le nom d'Emilie & Ogden (surnom qu'elle a donné à son instrument) a tout pour subjuguer une foule : des compositions sensibles, une voix magnétique et des boucles sonores qu'elle crée en direct pour gonfler l'ensemble. Pendant sa finale livrée a cappella, on aurait pu entendre une mouche voler.