Klô Pelgag a donné son spectacle avec la fantaisie débridée qu’on lui connaît.

Klô Pelgag et l'OSQ: l'étoile symphonique

CRITIQUE / Klô Pelgag est venue livrer une version symphonique de son album L’Étoile thoracique, paru en 2016. L’auteure-­compositrice-interprète fantasmagorique n’avait pas donné de prestation depuis huit mois, puisqu’elle travaille sur un troisième album, mais rien n’y paraissait.

Vêtue d’une large robe brillante aux motifs floraux et d’espadrilles blanches à hautes semelles, la tête surmontée par deux toques de cheveux jaune soleil et le visage colorié, Klô Pelgag a donné son spectacle avec la fantaisie débridée qu’on lui connaît. Sans filtre, elle a «testé les limites» en parlant des fesses du chef Nicolas Ellis — pas troublé le moins du monde — et a saupoudré son spectacle d’anecdotes tronquées et d’allusions aux arbres, aux tabourets des humoristes et à Greta Thunberg, «contrôlée par le Pingouin dans Batman». 

Ses adresses au public n’ont toutefois pas interrompu l’élan de son périple symphonique. Les 13 chansons se sont enchaînées en suivant leur ordre sur l’album, exception faite d’Apparition de la Sainte-Étoile thoracique, une pièce instrumentale où les notes sont longuement martelées, qui a servi d’introduction.

Elle était accompagnée par les cordes et une section de cuivres de l’Orchestre symphonique de Québec, ainsi que par quatre complices. Marianne Bertrand aux harmonies vocales (et au violoncelle pour la chanson Les animaux), François Zaïdan à la guitare et Étienne Dupré à la basse, coiffés de perruques loufoques, et Pete Petelle à la batterie (et au xylophone pour Les mains d’Édelweiss).

Lorsque tout ce beau monde jouait de concert, la charge musicale déjà dense des chansons de Klô Pelgag était décuplée, fulgurante, épormyable. On accueillait les segments plus dépouillés en reprenant son souffle et en tendant l’oreille. L’alternance donnait l’impression d’être fouetté par des vagues.

Les arrangements sensibles et très variés de Mathieu Pelletier-Gagnon étaient en complète synergie avec les pièces originales. Des coups d’archet francs marquaient Le sexe des étoiles, alors que et des sons longuement tenus, comme un bourdonnement cosmique, marquaient le début d’Insomnie. On a surtout entendu les cuivres dans Chorégraphies des âmes, mais plusieurs séquences de notes courtes leur permettaient de donner des textures particulières aux mélodies. 

Le concert s’est déroulé dans une pénombre traversée de rayons de lumière un peu chaotiques. En arrière-scène, des projections, presque des courts-métrages expérimentaux, habillaient les chansons de dessins, de taches de couleurs où de décors oniriques.

Au rappel, Klô Pelgag a livré une de ses nouvelles pièces, piano-­guitare-basse, qui montrait que sa plume n’a rien perdu de son adresse et de son inventivité poétique.

Dans la foule enthousiaste de jeudi soir, plusieurs dizaines de spectateurs ont levé la main lorsqu’on leur a demandé s’il s’agissait de leur première fois à l’OSQ ou s’ils avaient moins de 30 ans. Il y avait toutefois de nombreuses places vides sur les côtés du parterre et le public a été invité, avec humour, à donner envie à d’autres de se procurer un billet pour la représentation de vendredi. On sent que l’OSQ a décuplé ses efforts pour charmer la jeunesse. Même l’attente avant les concerts a pris des airs de cinéma : questions quizz et dessins loufoques illustrant les consignes d’usage défilent sur un écran, entre les annonces des prochains spectacles.

Le programme sera repris le vendredi 4 octobre à 20h au Grand Théâtre.