Appuyé de projections et d'éclairages fort à-propos, Karim Ouellet a fait honneur à ses plus récentes créations, mais il s'est quand même offert un vivifiant retour à l'album FOX.

Karim Ouellet en terrain conquis

CRITIQUE / Pas trop loin d'où il a poussé (et juste à côté d'où il habite), Karim Ouellet s'est trouvé en terrain conquis d'avance, jeudi, alors qu'il a baptisé un parc de la Francophonie agrandi en ouverture du Festival d'été. Il a offert un spectacle musicalement gonflé, visuellement soigné et bien garni d'invités.
L'auteur-compositeur-interprète a lancé en mars son troisième album, Trente, dont il offrait jeudi le premier spectacle chez lui («je suis venu à pied!» a-t-il confié). Pour l'occasion, Karim Ouellet a mis la gomme: deux choristes, un saxophoniste et un trompettiste (Thomas Hébert de la formation Valaire), un copain reggaeman (Daddy Rushy), un complice de création (Claude Bégin) et une chorale d'enfants (celles de l'école de L'Escale et du Plateau à Charlesbourg) sont entre autres venus lui prêter main-forte pour sa rentrée dans la capitale.
Appuyé de projections et d'éclairages fort à-propos, le guitariste et chanteur a fait honneur à ses plus récentes créations. Mais il s'est quand même offert un vivifiant retour à l'album FOX, ne boudant pas son plus grand succès, L'amour, dans une version allongée et rockée par un énergique solo de guitare.
Musicien aguerri, Karim Ouellet n'est pas toujours le plus communicatif quand vient le temps d'aller chercher son public et de garder la connexion bien établie. Pour compenser, l'auteur-compositeur-interprète a misé sur les extras.
D'abord en conviant sur les planches des amis plus exubérants que lui: le percussionniste King Abid a à quelques reprises joué les animateurs de foule (notamment pour qu'elle réclame son rappel avec plus de vigueur), tandis que Claude Bégin a une nouvelle fois exhibé son (célèbre!) torse nu en navigant sur le public enfermé dans une immense boule de plastique translucide. Ce dernier est aussi revenu sur les planches - complètement habillé, cette fois -, pour entonner sa chanson Des coeurs par la tête.
Ouellet bonifie aussi l'expérience en multipliant les petites surprises. Comme ces exemplaires de ses albums lancés dans la foule. Ou ce chouette rappel livré dans un costume de loup, entouré de voix d'enfants, alors que des ballons de plage rebondissaient sur le parterre.
Francesco Yates
Juste avant, le jeune Francesco Yates a offert une prestation à l'image de sa chevelure: débridée, exubérante et flamboyante. S'il a une once de timidité dans le corps, le Torontois à la tête bouclée le cache admirablement bien. Virevoltant sur les planches, se faisant aller à la guitare ou au clavier ou se lançant dans des envolées vocales vertigineuses, le chanteur de 20 ans n'est pas de ceux qui se ménagent. Celui qui pourrait être le petit cousin cosmique de Mika dans un créneau à mi-chemin entre la pop et le RnB a tout donné devant un public dans lequel il pouvait compter de nombreuses fans (si l'on se fie aux cris aigus qui fusaient).
Laurence Nerbonne
On avait laissé à Laurence Nerbonne le soin de briser la glace - sans jeu de mot, malgré la température frisquette! - au parc de la Francophonie. En shorts et t-shirt, l'auteure-compositrice-interprète a d'ailleurs confirmé qu'il faisait plus chaud dans la Métropole au moment de boucler sa valise. Celle qu'on a d'abord connue au sein de la défunte formation Hôtel Morphée a servi une bonne portion de la pop urbaine qu'elle forge maintenant en solo, devant une foule d'abord mince, mais qui a pris de l'ampleur peu à peu. On aurait bien nous aussi souhaité quelques degrés de plus, mais pour le reste, les festivités ont été lancées de belle manière par la blonde artiste.