Juste pour rire: Québecor se retire de la course

MONTRÉAL — Le Groupe Juste pour rire devrait passer dans le giron de la firme américaine ICM Partners, puisque Québecor n'est plus impliquée dans le dossier.

«Québecor Média a choisi de ne pas exercer le droit de premier refus dont elle bénéficiait en regard de la transaction projetée», a confirmé jeudi Groupe Juste pour rire, dans un bref communiqué.

L'entreprise, qui compte près de 100 employés dont la plupart se trouvent à Montréal, a ajouté qu'il n'y aurait pas d'autres commentaires pour le moment «afin de préserver l'intégrité du processus».

Québecor n'avait pas réagi, jeudi après-midi, tout comme ICM Partners.

Québecor disposait de 12 jours pour exercer son droit de premier refus et égaler l'offre de son concurrent en vertu d'ententes préalablement signées avec Groupe Juste pour rire entourant la vente de l'entreprise. L'interprétation de cette entente avait donné lieu à un litige judiciaire entre Québecor et Juste pour rire.

Au total, sept groupes avaient manifesté leur intérêt pour mettre la main sur les activités francophones et anglophones de Groupe Juste pour rire, dont ICM Partners et Katz Group, dirigé par le milliardaire albertain Daryl Katz.

Le fondateur et actionnaire majoritaire de Juste pour rire, Gilbert Rozon, avait annoncé la vente de ses actions dans l'entreprise qu'il a fondée en 1983 après avoir été l'objet d'allégations de harcèlement et d'agression sexuelle de la part de plusieurs femmes en octobre dernier.

Fondée en 1975 et établie à Los Angeles, ICM Partners se spécialise dans l'organisation de concerts d'envergure en plus d'exploiter une division dédiée à la production télévisuelle et cinématographique. La firme n'est pas étrangère au secteur de l'humour, puisqu'elle gère des humoristes bien connus comme Jerry Seinfeld et Chris Rock.

En plus de sa présence québécoise, Groupe Juste pour rire possède des filiales en France, aux États-Unis, en Grande-Bretagne ainsi qu'en Belgique. Le Festival Juste pour rire en sera à sa 36e édition à compter du 14 juillet.

Le premier ministre Philippe Couillard, qui accompagnait le roi Philippe de Belgique et la reine Mathilde au lancement du Printemps numérique, au Centre canadien d'architecture à Montréal, s'est montré prudemment optimiste alors que la nouvelle venait tout juste d'être rendue publique.

«Ce qui est important pour nous c'est que les activités de création, notamment en français — et même en anglais — restent à Montréal, de même que le siège social», a-t-il déclaré en point de presse.

À ses côtés, sa ministre de l'Économie, Dominique Anglade, abondait dans le même sens, mettant l'accent sur «le maintien des emplois et que ça reste au Québec [...] Ces éléments-là semblent avoir été couverts».