Les deux humoristes, les mains dans les poches la plupart du temps, se relancent avec l’aisance acquise de ceux qui travaillent ensemble soir après soir depuis 25 ans.

Juste Dominic et Martin: ping-pong bon enfant

CRITIQUE / Pour leur cinquième spectacle, Dominic et Martin livrent un flux quasi ininterrompu de réflexions sur tout ce qui touche le quotidien. «Mais là, on parle-tu de règles de français, de décoration ou de jardinage? Coudonc, j’ai l’impression d’être en duo avec Canal Vie!» lancera Martin Cloutier à son acolyte, fournissant une image qui résume bien le ping-pong bon enfant du duo.

L’ouverture musicale, le volume dans le piton, et une pancarte affichant le nom du spectacle sont les seules fioritures de l’ode au stand-up que propose Dominic et Martin. Les deux gars sont en noir, les mains dans les poches la plupart du temps, et se relancent avec l’aisance acquise de ceux qui travaillent ensemble soir après soir depuis 25 ans.

«On n’a pas de mérite, on sait rien faire d’autre!» blague Dominic Sillon. Pas de personnages cette fois. Quelques sons et quelques gags plus gestuels, mais sinon, que des mots. 

Ils nous ramènent Yoda, les épées laser, la controverse des pitbulls, le point G… Ils ont beau avoir écrit leur spectacle dans la dernière année, les textes ont le caractère intemporel et inoffensif des conversations de fête de voisins.

Des jeux de mots des restaurants à déjeuner aux comportements typés des ados, en passant par la nouvelle cuisine et les amis qui testent des recettes quand ils reçoivent, Dominic et Martin enchaînent les sujets familiers sans sortir le moindrement de leur carré de sable. 

Le début du spectacle, où les gags se greffent à un discours plat sur l’importance des mots et les règles de français, n’a pas l’efficience d’autres passages mieux réussis, où Dominic et Martin délirent sur «le toupet en cheveux de nuque» de Donald Trump ou les mille et une nuances de ridicule du camping. Le duo pousse l’absurde un peu plus loin qu’à l’habitude dans une digression «clitoris et jardinage» et tente avec un succès très relatif de faire éclore les malaises ponctuellement dans le spectacle, mais grosso modo, c’est la bonne vieille poutine. Imitation de grand-mère chevrotante qui se crache dans les mains et segment orgasmique sur les patates pilées en prime. 

«Des fois on se dit, un jeu de mots, c’est poche ! Mais quand c’est bien fait, c’est irrésistible», plaide Dominic Sillon pendant le spectacle. L’épithète est un peu fort... Tenons-nous-en à «sympathique».

Dominic et Martin seront de retour pour des supplémentaires le 14 décembre et le 3 février à la salle Albert-Rousseau.