Jack White a déboulé sur la scène baignée de lumière bleue, l’air en grande forme, butinant d’une guitare à l’autre en rugissant au micro.

Jack White et les interdits...

Alors, Jack White, est-ce que c’était bon? C’était bien parti, pouvons-nous au mieux avancer. En interdisant les écrans dans l’enceinte du Centre Vidéotron, l’Américain a certes offert lundi une expérience un brin singulière à ses fans. Mais il a aussi rendu pour le moins ardue la publication dans votre journal d’un compte-rendu digne de ce nom...

Nous ne prétendrons pas livrer ici une véritable critique du spectacle Boarding House Reach, dont on n’aura vu, début de spectacle tardif et heure de tombée oblige, un peu moins de la moitié. À sa première visite dans la capitale, l’ex-White Stripes a comme d’autres avant lui (on pense à vous, Bruno Mars et Maroon 5!), fait montre d’une allergie aux médias en fermant la porte aux photographes professionnels et en interdisant aux journalistes d’entrer avec un ordinateur portable. Alors qu’on a pu par le passé contourner certaines exigences en faisant exactement comme les fans qui prennent des images avec leur téléphone, Jack White a rajouté une contrainte en offrant le premier spectacle «sans cellulaire» dans la capitale. 

Il y avait donc beaucoup d’interdits, lundi, au Centre Vidéotron. Tous les spectateurs ont dû faire un petit (ou grand, selon leur degré de dépendance!) sacrifice, en acceptant de mettre les désormais omniprésents téléphones intelligents au rancart le temps du spectacle de Jack White. 

Aucun téléphone

«Nous pensons que vous apprécierez ne pas regarder vos gadgets pendant une soirée pour profiter de la musique EN PERSONNE», pouvait-on lire sur le site Web du Centre Vidéotron. L’intention est compréhensible pour quiconque consomme un tant soit peu de spectacles, où les téléphones sont brandis dès que retentissent les premières notes des pièces à succès. 

À leur arrivée sur place, tous devaient donc glisser leur précieux appareil dans l’une des pochettes conçues par la compagnie californienne Yondr, où il demeurerait prisonnier jusqu’à la fin de la soirée. À voir les mines amusées à l’entrée de l’amphithéâtre, la procédure n’a pas semblé importuner outre mesure, même si certains spectateurs croisés par Le Soleil ont jugé la pochette encombrante ou ont douté de l’utilité de la mesure. Plusieurs ont tout simplement choisi de laisser leur téléphone à la maison. Quoi qu’il en soit, l’exigence supplémentaire n’a pas ralenti l’arrivée du public, qui s’est faite de manière fluide. Il faut dire qu’on était loin d’avoir affaire à une foule monstre dans ce très petit Centre Vidéotron où les gradins demeuraient clairsemés. 

Et Jack White dans tout ça? Après nous avoir fait patienter pendant près de 30 minutes, il a déboulé sur la scène baignée de lumière bleue, l’air en grande forme, butinant d’une guitare à l’autre en rugissant au micro. La présente tournée lui donne l’occasion de mordre dans son répertoire solo, mais aussi de revisiter des succès des White Stripes et des Raconteurs. Entre la récente Over and Over and Over et les plus expérimentées Hotel Yorba ou Button to Button, la table était bien mise. Reste à voir si le reste du repas a été à la hauteur...