Très chic dans sa robe noire et ses grosses boucles d'oreilles dorées, Inna Modja a principalement livré dimanche soir les pièces de son plus récent album, Motel Bamako.

Inna Modja: un métissage heureux

CRITIQUE / À place D'Youville, dimanche, les festivaliers ont eu droit au retour de la chanteuse malienne Inna Modja, qui était de passage au FEQ il y a quatre ans.
Très chic avec sa robe noire et ses grosses boucles d'oreilles dorées, celle qui est aussi mannequin a principalement livré les pièces de son plus récent album, Motel Bamako. Une heureuse rencontre entre l'Occident et l'Afrique, alors que la pop se marie à des sonorités tantôt électro, tantôt rap et r'n'b, et que les racines africaines sont bien présentes, notamment avec les percussions et les pas de danse de la chanteuse.
Pour présenter Tombouctou, Inna Modja a fait référence au terrorisme qui frappe le Mali, comme bien d'autres pays à l'heure actuelle. «Tombouctou n'est pas libre aujourd'hui. Contre le terrorisme, nous, on répond par l'art», dira-t-elle avant de rapper en bambara - sa langue d'origine - devant des projections psychédéliques.
L'artiste aborde aussi, en anglais, l'un des graves problèmes qui frappent toujours l'Afrique dans Water, alors que des gens doivent «marcher une centaine de milles pour trouver de l'eau pour leur famille».
En français cette fois, Inna Bocoum - de son vrai nom - a ressorti le gros succès French Cancan paru sur son album précédent Love Revolution (2011), qui a réussi à faire bouger un peu la foule déjà nombreuse réunie au «carré».
Dénonciatrice
Celle qui dit avoir pour surnom «grande bouche» n'hésite pas à dénoncer les situations qu'elle trouve injustes, comme celle des réfugiés syriens, qui ne sont que des humains qui cherchent à fuir une situation tragique, dira-t-elle sous les applaudissements de la foule avant d'interpréter Boat People.
Pour clore son spectacle, Inna Modja s'est payé un bain de foule et a dansé avec les festivaliers au son d'une musique électro et d'un solo de percussion qui a «fait lever le party». On en aurait pris davantage.