Malgré une dizaine d’heures de «découpage d’horaire» dans le corps, le chanteur de 57 ans a livré la marchandise, lui qui avait accepté de remplacer à la dernière minute la mystérieuse tête d’affiche prévue au menu.

Increvable Corey Hart [VIDÉOS]

CRITIQUE / Il s’est pointé à la dernière minute, après un show il y a deux jours au Japon, un vol Osaka-Beijing-Montréal,une stressante attente dans le trafic de la métropole et un trajet à la fine épouvante sur la 20, mais c’est avec une énergie pour le moins incroyable que Corey Hart a conquis et charmé le public des Plaines, jeudi, en ouverture du Festival d’été.

Malgré une dizaine d’heures de «découpage d’horaire» dans le corps, le chanteur de 57 ans a livré la marchandise, lui qui avait accepté de remplacer à la dernière minute la mystérieuse tête d’affiche prévue au menu. Qu’à cela ne tienne, même si sa dernière présence dans la capitale remontait à moins d’un mois, au Centre Vidéotron, la star s’est donnée comme s’il n’y avait pas de lendemain, se pointant avec seulement 25 minutes de retard, un miracle dans les circonstances.

Chose certaine, le public n’en finit plus de l’aimer, le Corey. Ce n’était peut-être pas la bousculade des grands soirs, personne ne se marchait sur les pieds, néanmoins c’est sous un délire d’applaudissements que son arrivée (au pas de course) a été soulignée. D’abord pour interpréter Dreaming Time Again, puis Bang.

L’apparition à quelques occasions sur les écrans de sa douce, Julie Masse, qui jouait à la choriste, a semé l’émotion chez les festivaliers. La température est montée de quelques degrés quand le couple a interprété Là-bas. La veste de cuir de Corey avait alors pris le bord, avant Boy in the Box. Il était temps, on avait chaud pour lui.

«J’ai passé une journée incroyable», a souligné la vedette de la soirée, avouant ne pas avoir fermé l’oeil au cours des 48 dernières heures. Mais pour rien au monde, il n’aurait raté cette soirée, a-t-il avoué, avant d’aller serrer la pince à son nouveau claviériste qu’il n’avait encore jamais rencontré.

«C’est le 4 juillet, la fête des Américains, mais on va faire comme si c’était la Saint-Jean-Baptiste.» Il a tenu parole en interprétant pour la première fois, et avec beaucoup de conviction, la chanson de Michel Pagliaro, Les bombes, ne cachant pas au détour son amour pour le Québec et les fans d’ici.

À mi-parcours, après une vidéo le montrant converser en espagnol avec son fils Rain, Hart s’est déplacé dans une formule plus intimiste, au centre de la zone V.I.P, prétexte à quelques confidences sur son enfance et son adolescence «avec plein de boutons». Et surtout à l’interprétation en pot-pourri de She got the Radio, Every Breathe you Take (The Police), Pour un instant (Harmonium), Let it Be (Les Beatles) et, en hommage à la femme de sa vie, Tonight (I Wrote You this Song), une composition figurant sur son dernier album.

Au moment d’écrire ces lignes, peu après 23h, le chanteur n’avait pas encore dégainé ses plus gros morceaux, comme Sunglasses at Night et Never Surrender

Chose certaine, s’il y avait quelqu’un qui avait hâte de retrouver un lit, c’était bien Corey. Et si la solution pour se remettre du décalage horaire existe, c’est lui qui l’a.

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Corey Hart a conquis et charmé le public des Plaines, jeudi, en ouverture du Festival d’été.

Level 42

C’est avec une chanson de circonstance, The Sun Goes Down, que les pionniers du mouvement «brit funk» Level 42, ont marqué le coup à mi-chemin de la soirée. Le groupe de six musiciens a enchainé un chapelet d’une dizaine de tounes sans se faire prier.

Les deux membres de la troupe originale, Mark King et le claviériste Mike Lindup, reconnaissable à sa voix de falsetto, ont essayé de faire lever le party, mais la majorité des festivaliers semblaient davantage intéressés à faire jasette.

Virtuose de la guitare, King a donné une belle démonstration de son talent avec The chant has begun, marquant son introduction d’une allusion non voilée à ce «(insérez ici le nom d’un certain orifice) de Trump»…

Il a fallu attendre le grand succès Something About You, puis Lessons in Love, pour que la foule éprouve pour la première fois un certain enthousiasme. C’est dans un délire de décibels que la bande à King, ce dernier littéralement en sueurs, a mis fin à sa prestation de fort belle tenue.

Lever 42

A Flock a Seagulls

Sous un soleil de plomb, le groupe anglais A Flock of Seagulls avait brisé la glace pour cette soirée pur jus années 80. Mike Score, 61 ans, n’a plus un poil sur le caillou, ce qui tranchait avec la touffe de ses folles années.

Le band s’est fait généreux avec une enfilade d’une dizaine de chansons, dont les incontournables I Ran, The More You Live, The More You Love, et Space Age Love Song. Un spectacle entraînant, avec synthétiseurs bien en évidence, qui a rappelé que la musique des années Reagan et Thatcher était vraiment pas mal.