Un premier spectacle, «Sainte Céline: A Dion Cabaret», a été présenté à guichets fermés il y a deux ans, au Zoofest.

Humour, drag queen et... Céline Dion

MONTRÉAL - Il aime Céline Dion. Elle non. Il la croit authentique. Elle la voit comme un robot programmé. Il perçoit en elle une forme de spiritualité. Elle n’y croit pas du tout.

C’est sur les bases de ces contradictions que les humoristes montréalais Thomas Leblanc et Tranna Wintour ont eu l’idée de s’inspirer de la chanteuse de Charlemagne pour créer un cabaret burlesque multidisciplinaire.

Un premier spectacle, «Sainte Céline: A Dion Cabaret», a été présenté à guichets fermés il y a deux ans, notamment au Zoofest.

Cette année, pour souligner les 50 ans de la diva nationale, le duo a décidé de renouveler l’expérience avec un deuxième chapitre: «Sainte Céline: A New, New Day», un spectacle bilingue réunissant sketchs, humour, chansons et invités spéciaux.

Quatre représentations sont prévues au Wiggle Room, sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal, dont deux le jour même de l’anniversaire de Céline Dion, le 30 mars. Deux autres représentations sont prévues le 29 mars et le 5 avril.

Thomas Leblanc, humoriste et chroniqueur à Ici Radio-Canada Première, explique qu’à l’origine, il trouvait qu’il y avait quelque chose à dire sur la relation entre Céline Dion et la communauté LGBTQ, mais il était peu intéressé à écrire un livre ou à donner une conférence sur le sujet. De là l’idée de créer un cabaret burlesque.

Les deux artistes ont rapidement constaté que Céline Dion était un sujet idéal pour ce type de spectacle.

«Céline est très drôle elle-même, donc elle se prête vraiment bien à l’humour. C’est facile de rire de Céline Dion. Et en même temps, elle a beaucoup d’humour, elle a beaucoup d’autodérision», note Thomas Leblanc.

«Sainte Céline»

À l’image de Céline Dion elle-même, «Sainte Céline» est un spectacle bilingue, un élément qui était à la base plus important pour le francophone Thomas Leblanc, mais que Tranna Wintour, une humoriste transgenre davantage connue sur la scène anglophone, a rapidement appris à apprécier.

«Thomas m’a vraiment amené cet aspect bilingue et maintenant, pour moi, c’est une priorité», raconte-t-elle.

«C’est drôle parce que Céline est un peu une personnalité qui unit les francophones et les anglophones, d’une manière différente, mais il y a quand même ce lien entre nous. Et à Montréal, quand quelque chose n’est pas bilingue, il y a quelque chose qui manque.»

«Sainte Céline: A New, New Day» n’inclura que du nouveau matériel, mais le public qui a vu le premier spectacle pourra revoir sur scène la drag queen Crystal Slippers, qui s’intéresse notamment aux extraits d’entrevue et de discours de la chanteuse québécoise.

«C’est un acteur israélien, et quand il est déménagé à Montréal, il a bien compris que Céline Dion pouvait être un bon véhicule comique et de drag», explique Thomas Leblanc.

Le spectacle s’adresse tant à ceux que la chanteuse indiffère qu’à ses admirateurs les plus fervents... à condition qu’ils aient le sens de l’humour, préviennent les deux animateurs de la soirée.

Et tous les deux croient que la diva elle-même pourrait apprécier le spectacle et en rire.

«J’ai le fantasme qu’on est sur scène, au milieu du spectacle, et Céline se présente juste comme ça dans la salle. C’est vraiment mon plus grand fantasme. Parce que je pense que Céline a vraiment un bon sens de l’humour. C’est sûr qu’elle prend son expression artistique au sérieux, mais je pense qu’elle a vraiment un côté d’elle qui ne se prend pas trop au sérieux», estime Tranna Wintour.

Celle qui a amorcé cette aventure autour de Céline Dion avec une piètre opinion de la chanteuse admet même qu’avec le temps, elle a commencé à l’apprécier davantage.

«En faisant la recherche du premier spectacle [...], en regardant des clips sur YouTube, surtout vers les années 1989-1990, quand elle se préparait à lancer «Unison», son premier album anglais, j’ai vraiment vu quelque chose en elle que je reconnais en moi, ce rêve de showbiz, ce rêve d’aller jusqu’au bout du succès. Et de voir cette fille de Charlemagne qui a tout accompli, c’est quand même quelque chose qui m’inspire.»