Le concert dirigé par Bernard Labadie sera accessible partout dans le monde sur le Web.

Handel, Haydn et La Chapelle de Québec: liesse chorale

CRITIQUE / Une ode au pouvoir de la musique signée Handel et une messe très enthousiaste signée Haydn ont permis à La Chapelle de Québec et aux Violons du Roy de démontrer leur aisance dans l’allégresse. Un glorieux programme qui sera accessible partout dans le monde sur le Web, grâce à une captation vidéo pour medici.tv.

Il sera possible de visionner le concert Handel, Haydn et La Chapelle de Québec pendant 90 jours, gratuitement, sur l’importante plate-forme de diffusion Web qui se consacre à la musique classique. L’équipe technique de ProdCan pourrait donner des leçons à certains producteurs qui ont tendance à considérer le public comme un décor... La captation n’a nécessité que l’ajout de quelques micros et d’une caméra autonome sur scène. D’autres caméras, activées par des techniciens, étaient déployées discrètement dans les coins, au balcon, ce qui ne semble aucunement avoir nuit à l’expérience des spectateurs présents.

Nous avons donc pu nous concentrer complètement sur les deux œuvres présentées : Ode pour St Cecilia’s Day de Handel et la Messe en si bémol majeur (ou Heiligmesse) d’Haydn, toutes deux porteuses d’une joie foncièrement contagieuse. On ne sait pas si les sourires radieux qu’arboraient musiciens et choristes étaient dû à la captation vidéo ou au programme, mais on miserait sans trop de crainte de se tromper sur la deuxième possibilité. 

Hommage à la musique

La pièce de Handel rend hommage à la musique elle-même, l’inclut dans la création du monde (et son aboutissement) comme une matière essentielle, intrinsèquement liée à tout ce qui vit et aux plus vives émotions humaines. Des intruments sont ainsi mis en évidence à tour de rôle : la trompette guerrière (assurée avec aplomb par Benjamin Raymond), la flûte mélancolique (Anne Thivierge, toute en souplesse), les violons tourmentés et jaloux... C’est fleuri et imagé, rempli d’arabesques divinement porté par les voix de La Chapelle et de l’éclatante soprano Lydia Teusher, dont nous avions déjà pu apprécié l’agilité, et du surprenant ténor James Gilchrist, un ex-médecin qui chante avec le King’s College de Cambridge. Il a assumé son rôle avec beaucoup d’aplomb pendant les montées d’une glorieuse exubérance.

Suivre des yeux le chef Bernard Labadie, c’est un peu avoir l’impression de lire les inflexions de la partitions sur un corps de chair, habité par la musique, mais capable de diriger les déploiements vocaux et musicaux les plus complexes avec une impeccable précision.

On l’avoue, même si Haydn est réputé pour exprimer sa piété avec enthousiasme, on craignait un peu l’austérité d’une messe chantée en latin, dont le texte s’apparente à une variation du Notre Père. Nous avons été confondus dès les premières notes par les harmonies totalement délirantes, où quatre, voire six voix de solistes sont quelque peu éclipsé par la toute puissante du chœur, luminescent.  

Le concert sera de nouveau présenté au Palais Montcalm jeudi à 20h et à la Maison symphonique, à Montréal, samedi à 19h30.