Le groupe Half Moon Run fait partie des artistes invités cette année.

Half Moon Run: d'un extrême à l'autre

Entre le sommet d'une montagne norvégienne et les coulisses d'un mythique festival anglais au moment même où les électeurs britanniques se prononçaient en faveur du Brexit, la dernière tournée européenne de Half Moon Run en a fait voir de toutes les couleurs à ses membres. Elle semble bien loin l'époque où ces Québécois d'adoption, attendus au parc de la Francophonie le 12 juillet, s'étaient produits dans une cabine d'essayage en échange d'une paire de pantalons!
Au bout du fil, le multi-instrumentiste Conner Molander rigole en racontant l'anecdote, qui remonte aux débuts de son groupe. «Avant de lancer notre premier album, on a fait plein de prestations un peu étranges, lance-t-il. On a déjà fait une session acoustique dans un magasin en échange d'une paire de jeans! Ils nous ont fait jouer dans une salle d'essayage, entassés les uns sur les autres. C'était pas mal bizarre...»
<p>Dylan Phillips, Isaac Symonds, Devon Portielje et Conner Molander</p>
Certes insolite, ce type d'engagements appartient bel et bien au passé pour Half Moon Run, qui a connu une ascension constante depuis la parution en 2012 de son premier album, Dark Eyes. Formé à Montréal par des musiciens originaires d'Ontario et de Colombie-Britannique, le groupe brode un mélange d'indie-rock, de pop et de folk qui a trouvé des oreilles des États-Unis à l'Australie, avec de multiples escales aux quatre coins de l'Europe. 
«Quand j'étais plus jeune, avant de faire partie du groupe, je me souviens d'avoir réfléchi aux parties du monde que j'aimerais visiter, confie Conner Molander. Maintenant, j'ai vu plus de pays que ce que j'aurais même pu mettre sur ma liste la plus ambitieuse. On est allés dans tellement d'endroits incroyables! L'Islande, la Norvège, l'Australie... Ce sont des destinations qui ne sont pas nécessairement faciles à atteindre ou qui coûtent cher. Je me considère chanceux d'avoir pu m'y rendre à plusieurs reprises.»
Mais si les voyages nourrissent, ils ne sont pas non plus de tout repos. Ayant passé le plus clair de leur temps dans leurs valises après le lancement de leur premier disque, Molander et ses confrères Devon Portielje, Dylan Phillips et Isaac Symonds s'étaient promis pour le deuxième chapitre (Sun Leads Me On, paru en octobre) de s'imposer une cadence un peu moins éreintante.
<i>Sun Leads Me On, </i>Half Moon Run
«Maintenant, on voyage la plupart du temps en bus et on a plus de gens dans notre équipe pour nous aider», évoque Conner Molander, qui cite un horaire de tournée - et de party! - allégé parmi les facteurs permettant de garder l'équilibre. «Boire moins d'alcool, être plus actifs physiquement, tout ça aide», confirme le musicien de 25 ans. 
La nécessaire question politique 
Le 23 juin dernier, Half Moon Run se trouvait en Angleterre alors qu'une majorité de Britanniques ont voté pour quitter l'Union européenne. Un référendum historique qui a laissé Conner Molander songeur. 
«On était sur le site de Glastonbury pendant que ça se passait. Tout le monde à qui j'en ai parlé était plutôt contrarié par le résultat. Je ne vois pas ça comme une chose positive que le Royaume-Uni quitte l'Union européenne. Je n'ai pas l'impression que les raisons qui ont poussé les gens à voter pour sortir de l'Europe ont été tellement réfléchies. Notre directeur de tournée est Écossais et l'un de nos techniciens est Anglais. Disons que ç'a provoqué plusieurs discussions dans plusieurs perspectives», raconte le musicien, qui dit s'intéresser à la chose politique davantage par nécessité que par intérêt profond. 
«Je ne trouve pas que la politique en elle-même est un sujet très stimulant, affirme-t-il. Mais par défaut, il faut s'y attarder si on se préoccupe de notre avenir ou de l'environnement. Et ça, ça m'intéresse. Et je pense que ça devrait intéresser tout le monde. Il y a tellement de choses qui sont hors de notre contrôle et qui vont affecter notre futur et celui de nos enfants. Il faut garder un oeil sur le paysage politique pour au moins se préparer à ce qui nous attend.»
Vous voulez y aller?
Qui: Half Moon Run
Quand: le 12 juillet à 21h20
Où: parc de la Francophonie
Accès: laissez-passer
Retour au cinéma?
Half Moon Run a connu sa première expérience cinématographique en collaborant avec Jean-Marc Vallée pour la trame sonore de son film Démolition. «Il a eu un apport assez drôle [sur la chanson Warmest Regards]. En fait, moi je l'ai trouvé drôle, raconte le multi-instrumentiste Conner Molander. C'était vraiment un réalisateur qui dirigeait des musiciens. Il disait des choses du genre: "cette partie instrumentale, il faut l'amocher un peu, je veux que ça sonne étrange!" Et nous, on se regardait en se demandant comment faire! Comment est-ce qu'on amoche un bout de chanson? C'était un défi! Ç'a vraiment été le fun de travailler avec lui.» 
Fan de cinéma, Conner Molander ne croit pas que cette rencontre avec le septième art sera la dernière pour son groupe ou pour lui-même. «Il n'y a pas de projet concret encore, mais il y aura certainement d'autres collaborations. En dehors de la musique, c'est l'une de mes plus grandes passions. J'étais vraiment heureux qu'on tente notre chance», évoque celui qui se verrait bien scripteur ou même réalisateur... Mais pas acteur! 
«Le jeu, ce n'est pas vraiment pour moi!» tranche le musicien, laissant ici le terrain à son confrère chanteur, Devon Portielje. «Il est très bon, assure Molander. Je pense que dans un rôle pour lui, il serait aussi bon que n'importe quel acteur...»