Greta Van Fleet

Greta Van Fleet: les héritiers de Led Zeppelin

Il n’y a pas si longtemps, les frères Josh, Jake et Sam Kiszka jouaient de la musique dans le garage de leurs parents, dans la bourgade de Frankenmuth au Michigan. C’était avant que la vague Greta Van Fleet ne les happe. Souvent décrite comme la version milléniale de Led Zeppelin (Robert Plant lui-même a fait la comparaison), encensée par Elton John, qui l’a invitée à partager les planches avec lui, la formation est sur une lancée qui l’a propulsée de la maison familiale à la tournée internationale.

«Je pense que nos parents doivent s’ennuyer de nous», observe en entrevue le bassiste et claviériste Sam Kiszka, 19 ans. «Il y a toute cette folie dans la maison quand nous sommes là et après, nous partons et tout devient calme, reprend-il. Tout ce qui reste, c’est le chien. Nous n’avons pas encore nos propres appartements, nous n’avons pas d’auto. Nous ne sommes à la maison qu’environ deux semaines dans l’année…» 

On récolte ce que l’on sème, dit-on. Si les fistons de 19 et 22 ans — le chanteur Josh et le guitariste Jake sont jumeaux — leur manquent, les parents Kiszka les ont certes encouragés dans ce qui allait devenir Greta Van Fleet, un nom nous dit-on emprunté à une résidante de Frankenmuth. Leurs rejetons blues-rockeurs nés dans les années 90 sonnent comme s’ils faisaient carrière dans les années 70. C’est sans doute un peu (beaucoup?) parce qu’ils ont été élevés au son d’une collection de disques bien garnie en vieux bluesmen, notamment. 

«On partage beaucoup des mêmes influences que Led Zeppelin, avance Sam Kiszka. Ça remonte à très loin. Ça remonte à Big Bill Broonzy, Willie Dixon, Muddy Waters, Blind Willie Johnson, John Lee Hooker… Même Leadbelly. Tous ces vieux gars, c’est ce qu’on écoutait quand on était petits. C’était dans la collection de vinyles de nos parents. On écoutait aussi Sam & Dave, Joe Cocker, Stevie Wonder. Le blues, la soul, le RnB, le funk, c’est ça qu’on connaissait. On ne savait pas vraiment ce qui se passait sur les ondes pop.»

Faire boule de neige

Maman Kiszka peut aussi revendiquer une responsabilité dans la fondation même de Greta Van Fleet. «Ç’a commencé avec Jake, raconte Sam. Il jouait de la guitare dans le garage. Il s’est mis à inviter des batteurs d’autres groupes ou de l’école. Ils jammaient et Josh allait parfois chanter avec eux. À un moment, tout ce qui leur manquait, c’était une basse. Je me suis dit : “All right! Je peux probablement faire ça. Ça serait cool!” Et ma mère m’a mis de la pression en disant à plusieurs reprises que j’avais l’air d’un bassiste. C’est comme ça que tout s’est mis en place!»

Ça se passait en 2012. Le batteur Danny Wagner s’est joint aux trois frères peu après. Pour la petite histoire, Greta Van Fleet a fait ses premières armes dans les bars, bien avant d’avoir l’âge d’y prendre un verre. Et le projet a fait boule de neige. L’an dernier, le premier simple du groupe, Highway Tune, s’est hissé au sommet du palmarès rock de Billboard. Constamment sur la route, le quatuor a en quelques mois fait paraître deux minialbums l’an dernier. Et ça n’arrête pas. 

«On garde à peine le contrôle sur nous-mêmes et sur ce qui se passe, lance joyeusement Sam Kiszka. Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est une opportunité vraiment unique. Mais je pense que c’est la meilleure façon de faire. Nous sommes très jeunes, nous avons toute cette énergie. Pour nous, c’est très excitant. On a la chance de tourner en Europe, de voir tous ces endroits cool. L’idée que ce soit une profession, un travail qui te fait gagner de l’argent, honnêtement, c’est absude! C’est un peu hilarant. Je suis très reconnaissant de faire partie de tout ça.»

Sur les bons mots qui leur ont été adressés par Robert Plant ou Elton John, Sam Kiszka n’a qu’un descriptif : surréaliste. «C’est probablement l’une des choses les plus bizarres qu’on puisse vivre, image-t-il. Tu fais ton affaire et soudainement, Elton John veut jouer avec toi. C’est surréaliste! Je suis content que tant de gens soutiennent notre musique. C’est très cool! Mais pour tout dire, on ne sent pas que c’est vrai, en ce moment. J’imagine qu’un jour, l’idée va faire son chemin…»

Si le succès lui est monté à la tête, Sam Kiszka cache bien son jeu. Alors que le premier «vrai» album de Greta Van Fleet doit paraître cet automne, il ne nie pas que sa création a été «une grosse affaire» pour le groupe. «On a travaillé très fort là-dessus. On est allé très loin pour s’assurer qu’il serait exactement comme on le voulait. Tout ce qu’on a fait jusqu’ici a été plus précipité. Nous étions sur la route et nous trouvions du temps ici et là pour aller en studio. Cette fois, nous avons eu le temps que nous voulions en studio.»

Mais plus que la pression, c’est selon lui le plaisir qui a pris le dessus dans cette aventure soudée par les liens du sang. Sur scène, en studio et ailleurs. «Quand quelqu’un s’apprête à faire quelque chose de fou, on le sent. C’est comme de la télépathie», indique le benjamin de la famille, s’amusant du fait que plusieurs personnes se méprennent sur l’identité des jumeaux Kiszka.   

«On pense souvent que les jumeaux sont Jake et moi parce qu’on a tous les deux les cheveux longs. Oh que non! Quand les gens me disent ça, je suis comme : “me trouvez-vous si laid?”» rigole-t-il. 

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  • Qui: Greta Van Fleet
  • Quand: 9 juillet à 20h
  • : plaines d’Abraham
  • Accès: laissez-passer
  • Info: www.infofestival.com