Nul doute qu’encore et toujours, la recette musicale que Gregory Charles a développée est d’une grande efficacité.

Gregory Charles, la machine à fêter

CRITIQUE / Si les caprices de Dame Nature l’ont forcé à reporter la première médiatique de sa série de spectacles au Capitole, la neige et le froid n’ont visiblement pas refroidi Gregory Charles. L’homme à tout faire du showbizz québécois s’est pointé sur les planches avec la ferme intention d’installer le party, jeudi, et il y est parvenu sans mal.

Faut-il le rappeler, trois des musiciens de la troupe de Gregory Charles s’étaient retrouvés dans un carambolage, mardi, à la hauteur de Saint-Apollinaire. Plus de peur que de mal : ils étaient au poste derrière leurs guitare, basse et batterie, tout comme leurs trois comparses de la section des cuivres.

Quand la machine s’est mise en marche, Charles y est allé de ses annonces usuelles, soulignant que sa performance était hautement improvisée et qu’il faisait des signes à ses instrumentistes pour les guider. Prête à démarrer, la bande s’est lancée dans un medley de près de 45 minutes, qui a déboulé à un train d’enfer — parfois même trop — avec un seul but : distraire la foule, la faire chanter et danser. Objectif atteint : s’attaquant d’abord à des hits de Michael Jackson, Gregory Charles a immédiatement invité les spectateurs à se lever et la majorité lui a obéi pour ne jamais se rasseoir. On est passé de Ce soir on danse à Naziland à Livin’ On A Prayer, de We’re Not Gonna Take It à J’t’taime comme un fou, de Purple Haze à Enter Sandman.... 

Toujours prompt à pointer les années des succès qu’il partageait, Charles s’est appliqué à ne pas perdre la cadence. Quand il n’était pas debout devant la foule, il était derrière son piano à queue rouge, criblé de trous sur les côtés de manière à laisser voir des lumières de diverses couleurs.

Invité spécial

Quand le train s’est brièvement arrêté, c’était pour que Gregory Charles accueille son invité spécial, Robby Johnson. Le chanteur country s’est prêté au jeu de son hôte, mélangeant des pièces de styles bien différents. S’il ne dégageait ni l’assurance, ni l’aisance du leader, il s’est tiré d’affaires en entonnant entre autres le Suspicious Mind d’Elvis, charmant au passage une portion du public féminin. Il est revenu en fin de programme, notamment sur Uptown Funk.

Pour la deuxième portion de la soirée, Gregory Charles a opté pour une approche davantage interactive. Il est en effet allé interroger les spectateurs pour savoir quelle était l’année marquante de leur vie et interpréter des airs de ces années-là, une pratique qui remonte à sa jeunesse.

«Pour moi, c’est émotif, car ce sera la première année sans ma mère, qui est décédée», a-t-il confié.

Après avoir repris le collier en douce, avec un pot pourri passant de Rehab à Hallelujah, il a trouvé un juste équilibre entre titres plus nuancés et amalgames de pièces dynamiques, tout ça en prenant le temps de jaser avec ses fans. Au fil des rencontres, on a eu des moments rigolos, comme lorsque Sophie a voulu célébrer l’année 2017, parce que sa «boss est partie!».

Charles a par ailleurs pris soin de doser matériel anglophone et francophone, faisant se côtoyer Ariane Moffat et Katy Perry, par exemple.

«Il y a des problèmes un peu partout dans le monde, mais on est un millier de personnes qui ont décidé de se réunir et de fêter ensemble, c’est pas mal cool», s’est-il enthousiasmé.

En entrevue, l’artiste nous avait confiés prévoir terminer ses soirées en se faisant DJ, ce dont il s’est abstenu, cependant, jeudi. Cela dit, on ne peut nier qu’il est une machine à faire le party, le Greg. Nul doute qu’encore et toujours, la recette musicale qu’il a développée est d’une grande efficacité.