Gord Downie: le grand départ

BLOGUE / C'était l'onde de choc au printemps 2016: on apprenait que Gord Downie, le leader de Tragically Hip, était atteint d'un cancer au cerveau incurable. Bien qu'on savait que les jours de l'artiste étaient comptés, c'est tout aussi un choc d'apprendre qu'il s'est éteint mardi, à l'âge de 53 ans.

«Gord savait que cette journée s'en venait - sa réponse a été de passer son temps précieux comme il l'a toujours fait - en faisant de la musique, en partageant des souvenirs et en exprimant sa profonde gratitude à sa famille et à ses amis pour une vie bien vécue, scellant souvent le tout avec un baiser... sur les lèvres», peut-on lire dans un communiqué émis par la «Downie Family».

Downie aura été actif jusqu'à la fin. Il a célébré le répertoire des Tragically Hip avec sa bande à l'occasion d'une tournée d'adieu, qui a culminé à Kingston, ville natale des Hip, et a lancé un dernier album studio avec le groupe, Man Machine Poem.

Ne perdant pas une minute, il avait aussi lancé son cinquième enregistrement solo, Secret Path, doublé d'un roman graphique illustré par le talentueux Jeff Lemire. Quelques concerts avaient eu lieu.

Downie, qui avait à coeur le sort des autochtones et le souci d'une réconciliation avec les Première nations avait par ailleurs continué de militer pour la cause.

En fait, il était tellement actif, qu'on en oubliait presque sa condition: il s'apprêtait à lancer un autre album, double cette fois, Introduce Yerself, prévu pour le 27 octobre - on verra si les tristes événements auront un impact sur la date de sortie de cette sixième réalisation solo.

La disparition de Downie survient au moment où Johnny Clegg transite par le Québec pour une tournée d'adieu et vient donc ajouter à son caractère particulier et émotif - ma critique du concert ici. L'artiste sud-africain, qui a 64 ans, a en effet décidé de profiter d'une rémission d'un cancer au pancréas pour aller à la rencontre de ses fans une dernière fois.

Loin de moi de l'idée d'écrire que les journées de Clegg, à l'instar de celles de Downie, sont comptées - il dit d'ailleurs se sentir très fort. Je veux plutôt souligner que ces ultimes rencontres entre artistes et public, quand le destin vient forcer la main aux premiers, a quelque chose d'unique, à des lieux des fausses tournées d'adieu, qui n'ont pour objectif que de faire sonner le tiroir-caisse.

Ceux qui ont assisté au concert de Clegg à Québec savaient qu'ils vivaient quelque chose de spécial, tout comme ceux qui ont vu la dernière tournée de Tragically Hip, en personne ou au petit écran (Grace, Too, où Downie fondait en larmes n'a laissé personne indifférent).

Tout ça pour dire qu'il est temps de faire un dernier salut à Gord Downie, qui aura été artiste, créateur, militant et humaniste jusqu'à la toute fin.

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