L’œil vif, le sourire large, Ginette Reno, entourée par l'Orchestre symphonique de Québec, rayonnait littéralement dans une robe argentée et scintillante.

Ginette Reno symphonique: rayonnant tour de chant

CRITIQUE / Ginette Reno monte sur scène avec l’aisance et la générosité de celle qui n’a plus rien à prouver. La grande dame s’est offert l’Orchestre symphonique de Québec, dans un Centre Vidéotron bien rempli, pour un tour de chant sous le signe du plaisir et de l’humour, avec tout juste ce qu’il fallait de nostalgie.

«C’est pas tous les jours qu’on a le bonheur, la joie, j’irais même jusqu’à dire la jouissance, d’avoir tous ces gens qui nous accompagnent», s’est-elle exclamé en désignant l’orchestre. La soixantaine de musiciens, bonifié d’un band, étaient dirigés par son fils, Pascalin Raynault. Il se faisait donner le ok par d’affectueux «On y va, mon chéri!» mais s’acquittait de sa tâche avec le plus grand sérieux et a guidé la troupe à travers les pièces généreusement orchestrées. Pas question de laisser l’OSQ attendre dans l’ombre, comme on l’a vu dans d’autres spectacles, on assistait vraiment à une version symphonique.

Dès que le public a aperçu la chanteuse en train de gravir les marches du fond de la scène, les applaudissements et les cris de joie ont fusé. L’œil vif, le sourire large, elle rayonnait littéralement dans une robe argentée et scintillante. Le plaisir qu’elle prend à livrer les chansons est palpable, sa voix n’a rien perdu de son aplomb et lorsqu’elle se laisse aller à danser, son tour de chant prend des airs de messe gospel.

Il lui fallait tout de même, parfois, consulter son cahier, pour se remettre en tête certaines paroles. Après quelques mesures, elle a interrompu Je t’attendais, a semblé à un moment chercher ses mots dans Fais-moi la tendresse (sertie de beaux arrangement pour les cordes), mais rien pour gâcher son envolée.

Elle rit d’ailleurs de son âge, de son corps, et parle avec franchise des amours toxiques et des hommes qui sont passés dans sa vie — «J’ai eu mes douze apôtres!» rigole-t-elle. Elle glisse quelques phrases sur sa vie de chanteuse et de mère, se permet une boutade à Céline Dion pendant qu’elle s’offre le petit luxe de changer de manteau entre deux pièces. Le tout avec humour, en dosant ses interventions, pour laisser, au travers, la plus belle part à la musique.

L’essentiel, Ceux qui s’en vont, Mon vieil amour, Show me et Feelings, au retour de l’entracte, Un peu plus haut en finale, lui ont permis de montrer toute les couleurs de sa voix. Lily-Rose Watier est venue rejoindre sa grand-mère pour Toujours petite, une pièce qu’elles ont maintes fois chanté ensemble ces dernières années. L’adolescente, qui dépasse son aïeule d’une tête, a de qui tenir.  

Si Ginette Reno a évoqué rapidement les disparus, en disant que «parmi les milliers de musiciens avec qui j’ai chanté, il y en a qui sont morts jeunes, un moment donné je me suis dit, coudonc, Dieu est en train de me préparer un orchestre en-haut!» elle semble toutefois bien loin de la fin.

Le spectacle était présenté une seule fois, au Centre Vidéotron.