La comédie musicale «Footloose» s’installe à la salle Albert-Rousseau pour un mois.

«Footloose»: célébrer la jeunesse

Ils n’étaient pas nés pour voir Kevin Bacon se trémousser sur grand écran dans «Footloose», en 1984. Mais la bande d’artistes réunis pour la comédie musicale inspirée du film de Herbert Ross a, selon le metteur en scène Serge Postigo, tout ce qu’il faut pour faire revivre cette époque qu’ils n’ont pas connue. Leur arme la plus redoutable? «La jeunesse!» tranche-t-il.

«Je vais avoir 50 ans cette année, confie Serge Postigo. Et chaque fois que je les vois, je me sens plus vieux! Ils sont d’une juvénilité, d’une effervescence, d’un rayonnement… Ça prend ça dans Footloose. Il faut voir ces jeunes-là vouloir émerger de l’obscurantisme qui a été établi dans ce village-là. On a besoin de voir cette luminosité émaner d’eux, sinon ça ne fonctionne pas. Et ils l’ont, ça.»

Footloose s’installera à la salle Albert-Rousseau du 27 juin au 28 juillet. Le public y retrouvera les habitants d’une bourgade qui a interdit la musique et la danse après la mort d’un groupe d’adolescents, tués dans un accident de la route en revenant d’une fête. L’arrivée d’un jeune contestataire militant pour la danse viendra bousculer les conventions.

Le film a été transposé sur les planches de Broadway il y a 20 ans. Serge Postigo a quant à lui signé l’adaptation québécoise et la mise en scène du spectacle, qui a été présenté à une cinquantaine de reprises à Montréal l’an dernier. Il sollicite la participation de 30 interprètes, Philippe Touzel et Éléonore Lagacé en tête dans les rôles de Ren et d’Ariel, respectivement portés à l’écran par Kevin Bacon et Lorie Singer.

Tenir le cap malgré la tempête

Serge Postigo l’admet sans détour : malgré le succès récolté l’an dernier dans la Métropole, sa version de Footloose n’aurait jamais fait le trajet jusqu’à Québec si la compagnie Juste pour rire, qui coproduit le spectacle, n’avait pas été vendue dans la foulée de l’affaire Gilbert Rozon, ciblé par plusieurs accusations d’inconduite sexuelle.

«C’est sûr que ce qui est arrivé avec Gilbert Rozon a ébranlé l’organisation de Juste pour rire, mais aussi le milieu culturel. Ç’a tout chamboulé. Le bateau a fait face à une tempête violente. Il a perdu quelques mâts. Mais là, ça y est, le calme est revenu», décrit le metteur en scène, estimant du même souffle que les «dommages collatéraux» de l’histoire risquent de se faire sentir pendant un moment. 

Les personnages sont interprétés par des jeunes comédiens rayonnants et effervescents, selon leur metteur en scène.

«Le public, mon boss»

«Le public, c’est mon boss, reprend-il. C’est lui qui me dit si je continue ou pas. Je suis content d’avoir tenu le cap et d’avoir une équipe qui a tenu le cap. Tout le monde s’est protégé et a attendu que ça passe. Mais bien sûr que si Juste pour rire n’avait pas été vendu, on ne serait pas là. À un moment donné, il y a une question d’éthique personnelle, aussi.»

«Choisis un par un»

La troupe regroupée l’an dernier s’est ainsi retrouvée pour la série de représentations qui animeront la salle Albert-Rousseau pendant cinq semaines cet été. «Chaque année, s’il y a une chose dont je suis fier et dont je revendique la paternité prétentieusement, c’est la gang. Je pense que le premier rôle d’un metteur en scène, c’est de former une équipe. Tous ces artistes-là, je les ai cherchés et choisis un par un, non pas parce que c’était des gens que je connaissais», évoque Postigo.

Il avance avoir vu en audition entre 500 et 600 artistes pour dénicher la trentaine d’interprètes de Footloose. «Je peux répondre de mon sang de chacun d’entre eux. Après, on peut aimer ou pas. Mais j’assume chacun de ces choix-là», confirme le metteur en scène.

Quant à l’actualité de cette histoire fortement associée aux années 80, elle demeure indéniable, selon Serge Postigo. Il cite d’une part la tragédie vécue en avril dans la communauté de Humboldt en Saskatchewan, qui a vu l’équipe de hockey junior des Broncos décimée par un accident de la route. Et il y a aussi cette envie de rébellion qui vient avec l’adolescence, toutes époques confondues…

«Ren McCormack est exactement dans la transition de devenir un adulte et de s’affirmer. Oui, il utilise la danse, mais pas parce que c’est un danseur dans la vie, mais parce qu’il a envie de s’exprimer», résume Serge Postigo.

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VOUS VOULEZ Y ALLER?

  • Quoi: Footloose
  • Quand:  du 27 juin au 28 juillet
  • : salle Albert-Rousseau
  • Billets: 76,50 $ à 124,40 $
  • Info: sallealbertrousseau.com