Intéressée tant par les lieder et la mélodie française que par les opéras de Britten, la mezzo-soprano Florence Bourget fera ses débuts dans «Das Rheingold» de Wagner à l’Opéra de Montréal, samedi prochain.

Florence Bourget: une jeune mezzo aux anges

Alors qu’elle s’apprête à faire ses débuts à l’Opéra de Montréal, la mezzo-soprano Florence Bourget envisage l’avenir avec un large sourire. Celle qui a grandi à Lévis, étudié à Québec, puis s’est établie à Montréal a visiblement une belle carrière devant elle.

Elle fera partie des trois Filles du Rhin de l’opéra Das Rheingold de Wagner, présenté du 10 au 17 novembre à la Place des Arts. «On commence l’opéra, on a au moins trente minutes de chant, et on clôt le spectacle. Ça nous donne une belle visibilité», se réjouit la jeune femme. «Les gens peuvent avoir peur de la musique de Wagner, parce que c’est gigantesque. Mais lorsque les filles du Rhin chantent, il y a de la harpe, quelques violons, parfois des cors, mais ce n’est pas épeurant. C’est très contrasté comme opéra»

La mise en scène de Brian Staufenbiel s’annonce exigeante physiquement. «On bouge beaucoup, j’ai hâte de voir si je serai essoufflée. Je suis toujours en sueur quand je sors des répétitions de mise en scène», constate Florence Bourget.

Celle-ci a commencé les cours de chant à 9 ans, alors qu’elle fréquentait le couvent Jésus-Marie, à Lauzon, sous la recommandation expresse de son aïeule. «Ma grand-mère chantait pour le plaisir, c’est comme ça qu’elle a charmé mon grand-père. En entendant ma voix, quand j’étais enfant, elle a décrété que je devais absolument chanter!», raconte la mezzo.

Après lui avoir fait chanter quelques chansons pop, sa professeure de chant d’alors, Michelle Parent, a décidé de lui faire essayer un air classique. «La sensation que ça me procurait de chanter ça m’a beaucoup plu. Je pouvais me défouler là-dedans. Mais écouter de l’opéra, au début, je trouvais ça vraiment désagréable. Ça m’a pris du temps à apprécier», admet la jeune femme.

Il aura fallu une représentation de Madame Butterfly à l’Opéra de Québec pour que la chanteuse voie toute la charge émotive que pouvait avoir l’art lyrique. «J’ai pleuré comme une Madeleine, je n’étais plus capable de m’arrêter. Ça m’avait vraiment touchée», raconte-t-elle.


« Ma grand-mère chantait pour le plaisir, c’est comme ça qu’elle a charmé mon grand-père. En entendant ma voix, quand j’étais enfant, elle a décrété que je devais absolument chanter! »
Florence Bourget

Elle a étudié en musique au cégep Sainte-Foy, puis en chant classique à l’Université Laval, avant de mettre le cap sur la métropole pour faire une maîtrise avec Catherine Sévigny. «J’étais certaine que j’aurais plus d’opportunités à Montréal, mais surtout, c’est une ville que j’aime. J’y suis depuis cinq ans et je m’y sens très bien», note-t-elle. L’automne dernier, elle a été retenue parmi les quelque 140 candidats qui souhaitaient se joindre à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal. «Ils en prenaient onze pour les finales, qui se tiennent pendant quatre jours intensifs, puis ils n’en gardent que cinq. J’ai été chanceuse, c’est vraiment génial», se réjouit-elle avec modestie.

Lorsqu’on la questionne sur  le répertoire qu’elle préfère, elle mentionne l’opéra baroque Didon et Énée de Purcell, les lieder, la mélodie française et les opéras de Benjamin Britten.

Avec l’Atelier lyrique, elle a d’ailleurs joué Oberon dans A Midsummer Night’s Dream de Britten. Un «pants role» (les rôles masculins pour contre-ténor ou mezzo) qui seyait à sa grande stature et à sa voix grave. «Mon défi est avec les aigus, souligne-t-elle. Ma voix est un peu comme un violoncelle. Au milieu, ça sonne rond et chaleureux, et dans les aigus, c’est plus léger. Je dois trouver une uniformité.»

Inspirée par le parcours de Marie-Nicole Lemieux, qui, elle, a grandi au Lac-Saint-Jean, Florence Bourget rêverait d’aller chanter en Europe, où elle croit que sa voix particulière attirerait sûrement l’intérêt.