Trois pièces avec des titres

Février sera cosmique

Après nous avoir invité à contempler le monde, puis à réapprendre à être ensemble, Ariane Plante, grande orchestratrice du Mois multi, clôt son triptyque sur le réenchantement en invitant des artistes qui réfléchissent à la place de l’homme dans l’univers. Les huit œuvres dévoilées lundi soir annoncent une 19e mouture cosmique en février 2018.

«Le rapport à l’espace sous toutes ses formes, au territoire, aux espaces augmentés, virtuels, inventés, se retrouve dans la programmation, indique-t-elle. Les œuvres questionnent notre rapport à l’univers, le fait qu’on soit si petits devant l’immensité.»

Le festival d’arts multidisciplinaires et électroniques débutera un peu plus tôt qu’à l’habitude, le 12 janvier, avec des installations dans deux centres de la coopérative Méduse. À L’Œil de poisson, Magalie Babin installera un espace de contemplation, où le visiteur sera appelé à être attentif à une sonorité très ondulatoire. «Ça nous ramène à nous-mêmes, à porter attention à notre propre présence. La technologie y est presque invisible», souligne Ariane Plante. Pour créer l’installation sonore, baptisée Ça ne peut pas durer toujours, l’artiste utilise deux chansons populaires, sur le thème de l’amour, et les ralentit à l’excès. À VU, Scott Massey, présente Movement Without Moving, un corpus d’œuvres photographiques, vidéographiques et sculpturales qui évoquent l’imperceptible mouvement des astres et de l’univers. 

Le théâtre Rude ingénierie amorcera aussi ses travaux avant l’inauguration officielle, en présentant l’installation Saison complète du 25 au 28 janvier au Studio d’essai de Méduse. Cet espace «entre l’atelier et le plateau de tournage», décrit Ariane Plante, rassemblera divers outils (un pic à pierre notamment) et accueillera des performances sous forme d’épisodes du 29 janvier au 5 février. «Une cosmologie imaginaire fastueuse où chaque geste, chaque action, chaque élément, participe à la construction d’un tout, plus grand.»

Saison complète

Soirées indomptées

La grande fin de semaine d’ouverture se tiendra les 2 et 3 février, avec deux Soirées indomptées rassemblant de courtes performances. L’Italienne Michela Pelusio présentera trois fois SpaceTime Helix, une performance optique et sonore où elle met en mouvement une grande corde accordée au plafond. L’objet vertical se transforme en sculpture géante et translucide, qu’elle façonne à son gré, telle une prestidigitatrice. L’Allemand Robert Lippok, «issu de la scène expérimentale, punk et underground berlinoise», note Ariane Plante, passera présenter Varieties of Impact, dans le cadre d’une tournée nord-américaine.

Le samedi, Datanoise de Pierre-Luc Lecours et Alexis Langevin-Tétrault sera présentée en primeur. Fruit d’une résidence à Recto-Verso, leur performance multimédiatique convie des cordes, des vents et des percussions inventées. «C’est une performance physique très incarnée, avec des moments d’intensité extrême, entre la musique expérimentale et la musique actuelle», annonce la commissaire. Alexandre Burton et Julien Roy présenteront le même soir Trois pièces avec des titres, une performance visuelle et sonore où la table de travail des artistes est filmée en plongée. «Ils échafaudent des pièces en temps réel, en intégrant des objets et des photos et créent des diffractions temporelles, qui nous font douter de nos perceptions», explique la commissaire.

Con grazia du compositeur-­performeur Martin Messier et de la chorégraphe et interprète Anne Thériault sera présenté les 7 et ­8 février, en collaboration avec La Rotonde. «Ils créent une ode à l’agonie du monde matériel à travers des tableaux impressionnistes. Il y a des scènes de défoulement, de destruction dans la grâce», décrit Ariane Plante.

La suite de la programmation sera dévoilée le 10 janvier. Détails au moismulti.org ou à 418 524-7553 poste 2