La formation Weezer a lancé son attendu album noir en mars dernier.

Festivent de Lévis: l'univers décalé de Weezer

Il y a 25 ans, Weezer débarquait avec fracas dans l’industrie musicale avec un premier album éponyme qui allait marquer la scène rock post-grunge. Alors que la bande de Rivers Cuomo s’amène le 3 août au Festivent de Lévis, survol de 10 faits plus méconnus sur le parcours des Américains.

1. Buddy Holly a failli ne pas exister
Succès fondateur de Weezer, le ver d’oreille Buddy Holly a failli ne pas se retrouver sur le premier album de la formation. La chanson a été inspirée d’un fait vécu, alors que Rivers Cuomo avait été irrité de voir ses complices musiciens taquiner l’une de ses camarades de classe. «What’s with these homies, dissin’ my girl», résume-t-il d’ailleurs dans le premier vers. Réticent à jouer un titre qui traitait de tensions entre les membres du groupe, le chanteur a failli l’écarter avant de se raviser. Et selon ce qu’il a raconté au Rolling Stone, les paroles originales du refrain ne faisaient pas référence à Buddy Holly et à Mary Tyler Moore, mais bien à Ginger Rogers et à Fred Astaire.

2. Undone – The Sweater Song a changé d’allure à la dernière minute
La version originale du succès Undone – The Sweater Song contenait un montage sonore empruntant à divers univers : Peanuts, La guerre des étoiles, Humphrey Bogart, etc. Si le groupe s’était montré heureux de l’effet obtenu, il a dû revoir ses plans à la demande de sa compagnie de disque de l’époque, Geffen, qui refusait de faire les démarches pour obtenir les droits sur les différents extraits. Le groupe a donc lui-même enregistré les dialogues qui ont été intégrés à la mouture finale. Cuomo a souvent mentionné qu’il avait voulu faire une chanson triste, même si à peu près tout le monde y voit un potentiel humoristique. Et s’il a dit s’être inspiré de Velvet Underground, il a lui-même reconnu en entrevue au Rolling Stone que la pièce sonnait comme une copie involontaire de Welcome Home (Sanitarium) de Metallica.

3. Avec pas de titre…
En 25 ans et 13 albums studio, Weezer s’est à quelques reprises évité le casse-tête de trouver des titres. La discographie du groupe compte pas moins de six éponymes, rebaptisés officieusement selon la couleur de leur pochette : bleu (1994), vert (2001), rouge (2008), blanc (2016), turquoise (2019) et noir (2019).

4. L’opéra-rock qui n’a pas vu le jour
Après le succès phénoménal du premier album de Weezer, Rivers Cuomo a semble-t-il souhaité prendre du recul et s’attaquer à un opéra-rock de science-fiction qui se déroulerait dans l’espace et dans lequel chacun des membres du groupe se serait vu assigner un rôle. Il a expliqué avoir eu l’idée de brosser une analogie de leur ascension rapide et de leur façon d’apprivoiser la célébrité. L’auteur-compositeur a abandonné le projet pendant une douloureuse convalescence qui lui a plutôt inspiré les titres plus abrasifs de Pinkerton.

5. La chanson censurée
Entre l’intégrité artistique et le désir de passer à la télé, d’aucuns diront que Weezer a choisi la deuxième option quand le groupe a modifié les paroles de sa chanson We’re All on Drugs, que la chaîne de musique MTV refusait de diffuser. Afin de voir son clip y entrer en rotation, la formation a créé une version alternative (et édulcorée) de la pièce, rebaptisée We’re All in Love.

La pochette de l'album Hurley de Weezer

6. Les honneurs à Jorge Garcia
Avec l’humour décalé qu’on lui connaît, Weezer a surpris ses fans en 2010 en baptisant son huitième album Hurley et en illustrant la pochette d’une photo de l’acteur américain Jorge Garcia. Célèbre pour son interprétation de Hugo «Hurley» Reyes, personnage chouchou de la série Lost, ce dernier en a été le premier surpris. Il avait à l’époque raconté à MTV que ladite photo avait été prise dans les coulisses de l’émission Lopez Tonight, où Cuomo était venu à sa rencontre. Le chanteur figurait d’ailleurs aussi sur l’image originale, recadrée pour devenir une pochette d’album. Garcia a même cité cet hommage comme l’un des plus grands honneurs de sa carrière. «Le fait d’avoir une figurine de Lost à mon effigie le dépasse sûrement, a-t-il ajouté. Mais c’est très spécial et cher à mon cœur de voir ça arriver.»

7. Une blague qui fait boule de neige
Ç’a commencé par une blague, c’est devenu un album complet. On peut vraiment parler d’effet boule de neige quand on aborde le «phénomène» Africa. Au départ, il y a eu cette ado de l’Ohio qui a lancé un compte Twitter dans le but unique de convaincre Weezer de reprendre le plus grand succès de Toto. L’Internet étant ce qu’il est, son initiative est devenue virale, attirant même l’attention du claviériste de Toto, David Paich, qui a appuyé la demande de la jeune fan. En gentils trolls, les gars de Weezer ont obtempéré l’été dernier en dévoilant une relecture... de Rosanna. Celle d’Africa a suivi peu après, ouvrant la porte à l’album éponyme turquoise, paru cette année, sur lequel Rivers Cuomo et sa bande revisitent autant Black Sabbath que TLC.

8. Sur les bancs d’école
À la barre d’un groupe qui a porté l’étiquette de «rock de nerds», Rivers Cuomo peut certainement revendiquer le qualificatif. Si le succès du premier album de Weezer l’a poussé à quitter Harvard, ce n’était que partie remise pour lui. À temps perdu, le musicien a mis plusieurs années à terminer ses cours et obtenir son diplôme en littérature anglaise. Il a par la suite complété par correspondance un programme de science informatique de la même prestigieuse université.

L'émission humoristique «Saturday Night Live» a consacré un sketch complet à Weezer en décembre dernier.

9. Des divergences qui inspirent
D’un album à l’autre, Weezer ne s’est pas imposé de ligne directrice. Tantôt plus pop ou plus pesante, sa musique a eu l’occasion de polariser l’opinion des fans. C’est ce que l’émission satirique Saturday Night Live a illustré d’hilarante manière en décembre dernier en consacrant tout un segment à ce pointu «débat», qui passionne les uns et indiffère complètement les autres. Leslie Jones y défend l’argument selon lequel les «vrais fans» de Weezer savent qu’ils n’ont lancé aucun bon album depuis Pinkerton en 1996 et Matt Damon y tient son bout pour le nouveau matériel d’intense manière : «Je ne veux pas t’offenser, mais brûle en enfer!» lancera-t-il notamment. La réaction de Rivers Cuomo sur Twitter? «Ils ont fait un sketch complet à propos de Weezer et de moi à Saturday Night Live et j’en pleure littéralement. Aaagggghhhhhh» !

10. Cuomo au piano
En mars, Weezer a finalement donné suite à l’album blanc de 2016 en dévoilant l’album noir, qu’on attendait plus tôt, mais qui a été devancé par la parenthèse Pacific Daydream en 2017 et la collection de reprises rassemblées sous la bannière turquoise lancée par surprise cette année. Réalisé par Dave Sitek du groupe TV on the Radio, ce 13e album studio a pour particularité d’avoir été composé par Rivers Cuomo au piano, une première pour le groupe. Il a reçu un accueil critique plutôt mitigé.

Weezer se produira au parc Champigny le 3 août à 21h30. Mort rose sera de la partie dès 20h. Détails au festivent.ca