L’opérette La belle Hélène, vue le 28 juillet dans le cadre du Festival d’opéra de Québec, sera à nouveau présentée le lundi 30 et le mercredi 1er août à 20h, au théâtre La Bordée.

Festival d’opéra: «La belle Hélène», pétillant et comique

CRITIQUE / «La belle Hélène» des Jeunesses musicales du Canada est une pétillante opérette, remplie de ressorts comiques, de chorégraphies kitsch à souhait, d’anachronismes et de mimiques savoureuses. L’équipe pilotée par Alain Gauthier à la mise en scène et Louise-Andrée Baril à la direction musicale ne lésine sur rien pour que le gâteau lève.

Avec six chanteurs (sur les quatorze du livret d’origine) et un pianiste (plutôt qu’un orchestre) cette version «de chambre» charme par son dynamisme soutenu, l’investissement marqué des interprètes et la mise en scène d’une précision indéfectible, où chaque regard, chaque rond de jambes et chaque note est pensée pour susciter une réaction du public. Le sucre est toutefois saupoudré avec soin, question que le tout demeure digeste, mais que l’attention du public soit toujours titillée.

Dès les premières mesures, Bryce Lansdell, au piano, se fait racoleur, laissant couler des regards vers le public pendant qu’il laisse ses mains faire du ballet pendant les silences de la partition. Hélène (charmante Maude Côté-Gendron), ponctue ses élans vocaux et sentimentaux de poses étudiées dignes de Criquette dans Le Cœur a ses raisons. La bordure de camisole en paillettes de Pâris (Mathieu Abel), le look samouraï à la Jay Du Temple de Calchas (David Turcotte), les chaussures à pompons de Ménélas (Richard-Nicolas Villeneuve) et Agamemnon (Dominic Veilleux) cadrent tout à fait avec l’univers pastel aux motifs art déco imaginé par Pierre-Luc Boudreau. Charlotte Gagnon, qui joue Oreste, fait du prince un bon-vivant aux airs gamins, un Fridolin nouveau genre. Chacun a trouvé son clown et incarne les faiblesses et les forces de son personnage avec une intelligente drôlerie.

Grâce à l’ajout d’airs du répertoire d’Offenbach (voir note plus bas), chaque chanteur peut avoir son petit moment de gloire. Il y a bien quelques segments solo chez ces messieurs où le volume aurait pu être un peu plus élevé, mais dans l’ensemble, les interprètes maîtrisent bien leur voix, chantée et parlée. Vu le côté «total» de leur prestation, on ne peut que les saluer bien bas.

Mention spéciale aux délirants maquillages clownesques d’Élène Pearson et à la scène en bord de mer, où les chanteurs intègrent les parasols pastels à leur chorégraphies.

Le livret d’origine a été allégé par endroits, dynamisé à d’autres (la charade que résout Pâris est résolument anachronique), dépoussiéré (les références au mythe de Léda sont d’une limpidité telle que vous aurez l’impression d’avoir fait votre cours classique) par Alain Gauthier et Pascal Blanchet. Dans les moments choraux, chacun enchaîne les mouvements à la YMCA (pistons, ronds de bras, petit train). Bref, tout le spectacle est une vraie fête. 

L’opérette La belle Hélène, vue le 28 juillet dans le cadre du Festival d’opéra de Québec, sera à nouveau présentée le lundi 30 et le mercredi 1er août à 20h, au théâtre La Bordée. Elle partira ensuite en tournée, notamment à Gatineau et à Gaspé en octobre.

NOTE: Les airs ajoutés sont tous d’Offenbach :
1) Calchas / Couplet de l’incognito tiré de La Périchole
2) Agamemnon / C’est la Grèce (originellement C’est l’Espagne) qui nous donne tiré de Les Bavards 
3) Ménélas / Ah! qu’il était doux mon beau rêve tiré du Pont des soupirs