L'édition 2019 du FCVQ
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Festival de cinéma de la ville de Québec: «il faudra faire preuve d'indulgence»

Le Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ) réfléchit actuellement à la façon de tenir ses activités en septembre. L’équipe sera probablement parmi les premiers à se lancer dans l’organisation d’un événement... Le mot d’ordre? Indulgence.

«Le grand défi présentement, c’est la santé publique et la rentabilité. Avec le festival, on serait dans les premiers à se mouiller l’orteil du côté de l’événementiel», indique Ian Gailer, directeur général et artistique du festival.

Rappelons que le gouvernement a annuler la tenue de tous les événements sportifs ou culturels jusqu'au 31 août en raison de la crise sanitaire au Québec.

Pour le FCVQ qui se déroule au mois de septembre, tous les moindres détails doivent être réfléchis, de la location des salles à la manière de vendre le pop corn. L’équipe analyse les divers scénarios et attend de connaître ce qu’il sera possible d’être fait, et ce qui devra attendre à l’an prochain.

«Il faut avant tout respecter la santé publique. Si on se rassemble, on peut penser que dans une salle de 1000 places, seulement 400 personnes pourront entrer. Donc si tu loues le Grand Théâtre pour rentrer seulement 600 personnes à l’intérieur... ce n’est pas rentable. La qualité à développer, c’est l’indulgence. Il faut l’être envers nous et envers tout le monde.»

Il est évident que le festival devra se réinventer, le public ne pourra pas vivre l’expérience comme il a l’habitude de le faire. Dans tous les cas, que ce soit un festival virtuel ou en présentiel, l’équipe veut qu’il soit intéressant. 

«Oui, le but de l’événementiel est de créer de l’extraordinaire. Mais l’ordinaire d’avant est peut-être devenu l’extraordinaire de maintenant. Il faut revoir notre manière de voir le succès. L’important c’est de tenir l’événement», insiste Ian Gailer.  

Ian Gailer, directeur général et artistique du FCVQ

Connaître l’opinion locale

Depuis lundi, un questionnaire circule parmi les résidents de Québec afin de connaître leur préférence de consommation culturelle en ce temps inhabituel de pandémie. L’équipe du festival souhaite avoir une image précise des attentes et des préférences de son public. Les résultats influenceront leurs différentes réflexions quant à la tenue de leur événement. 

«On veut savoir l’état de la situation à Québec, les questions qu’on pose s’appliquent à tout le monde, au Grand Théêtre comme au cinéma Le Clap, pas juste le festival. C’est inclusif pour tout le monde culturel. Toronto, ce n’est pas Québec. Notre rapport à l’auto, aux outils culturels n’est pas pareil qu’à Trois-Rivières. On voulait des réponses locales», explique Ian Gailer.

Et les résultats que le directeur général rassemble, il les partagera avec ces partenaires et avec qui veut bien mettre la main dessus.

«On va se mouiller en premier, et on est contents de le faire. Ce ne sera pas comme d’habitude, on va créer de l’ordinaire, on va être bon. Si on se trempe et ce n’est pas la bonne place, c’est correct. Si ça a marché, on va le dire. Il faut partager nos succès. On veut contribuer à la relance et en faire partie. La réflexion qu’on est en train d’avoir, elle peut être bonne pour tout le monde.»

Le sondage atteindra bientôt 1000 répondants, ce qui offrira une image la plus juste possible. Il s’agit aussi d’une bonne occasion pour évaluer la crainte des gens, s’ils ont peur de se rassembler ou pas.

Jusqu’à maintenant, les répondants expriment qu’ils comprennent que ce sont des mesures exceptionnelles pour une situation exceptionnelle. «On sent qu’ils ne seront pas critiques à l’égard des événements, ils veulent juste qu’il se passe quelque chose», se ravit Ian Gailer. 

Chose certaine, le Festival du cinéma de la ville de Québec aura lieu, peu importe la manière.

«Le but de l’événementiel est de se rassembler, et ça commence autour d’un feu... on va recommencer là s’il le faut. C’est certain que je suis déçu, je le dis. Mais il faut faire quelque chose avec la situation qui se présente. Le festival va innover, c’est clair qu’on va aller le plus loin possible pour faire rayonner la ville et notre médium, et c’est clair que ça va être sécuritaire», termine Ian Gailer.