Le directeur de la programmation du Festival d'été, Louis Bellavance

FEQ: cinq questions à Louis Bellavance

Alors que les artistes qui participeront au 51e Festival d’été de Québec sont enfin connus, cinq questions au directeur de la programmation de l’événement, Louis Bellavance.

Q Quelles sont vos plus grosses prises cette année?

On peut tourner un peu autour du pot, mais Neil Young et le retour des Foo Fighters, ce sont deux morceaux qui n’étaient peut-être pas attendus, parce que Neil Young, je pense que personne n’y croyait. Finalement, ça se fait, grande fierté et grand bonheur. Les Foo Fighters, les gens les attendaient en 2016 et en 2017. Ils reviennent finalement en 2018. On avait juste besoin du timing. Eux avaient peut-être besoin d’un nouvel album à défendre. Dans le cas de Dave Grohl, il avait peut-être besoin de se tenir sur ses deux jambes, de retrouver la pleine forme et la fougue. Leur album est extraordinaire, le timing ne peut pas être meilleur. Sinon, dans les bons coups, c’est la première fois pour Dave Matthews à Québec, c’est la première fois pour Beck et Lorde, à ma connaissance, n’est pas venue non plus. On a beaucoup de premières… Et il y a évidemment The Weeknd, qui est une grosse, grosse prise aussi. Jane Birkin avec l’Orchestre symphonique, on est aussi extrêmement content de présenter ça. 

Q Vous parlez d’une grille de programmation «très jeune». Est-ce que c’était votre objectif pour 2018? 

Oui, de donner un certain vent de fraîcheur sans se dénaturer. On ne veut pas perdre nos racines ni notre diversité : on veut être metal, on veut être hip-hop, on veut être électro. On a Sturgill Simpson qui va amener du country. On veut toucher à tous ces publics-là. On a du francophone chaque soir en tête d’affiche sur un plateau ou sur un autre. Mais dans la portion discrétionnaire, dans le dosage des épices, on est revenu vers plus de pop encore. Et qui dit «pop» dit souvent «plus jeune», dit «contenus plus actuels». On est en phase avec ce qui se fait en hip-hop, en pop, en contenus plus urbains, sans perdre notre identité. 

Q Il n’y a pas de tête d’affiche country cette année sur les Plaines. Qu’est-ce qui explique ce choix?

R Honnêtement, l’expérience se poursuit. Les résultats qu’on a eus jusqu’à maintenant sont bons, mais ils ne sont pas emballants. Ça dépend toujours des contenus disponibles. Cette année, l’offre en country la plus excitante que j’avais était Sturgill Simpson. On s’est dit qu’on allait le jumeler avec Dave Matthews pour faire une soirée axée sur la musicalité. On va poursuivre l’expérience de ce côté-là, on va voir la réaction des gens. Parfois, c’est le contenu qui va dicter si on y va ou pas. […] L’électroFEQ, c’est une formule qui revient chaque année. On a une foule qui est stable, ça correspond à un public, la conclusion pour l’instant tient la route. Avec le country, on ne peut pas dire qu’on est arrivé à cette conclusion encore. 

Q L’auteur-compositeur-interprète Patrice Michaud s’offrira le 10 juillet une soirée carte blanche sur les plaines d’Abraham. Pourquoi l’avoir choisi?

R Les Québécois qui viennent sur les Plaines, on leur demande de prendre la carte blanche et de grossir leur show. On leur demande de travailler fort. Ce n’est pas vrai que ça tente à tout le monde de se lancer dans cette aventure. […] On cherche quelqu’un qui est vraiment en effervescence et quelqu’un qui a envie de le faire. Il y avait cette conjoncture avec Patrice. Il avait cette envie folle de faire un grand spectacle. Il était vraiment allumé. Et moi, je réponds beaucoup à ça. Il sautillait, il a plein d’idées. Déjà que son spectacle est conceptuel, on va aller plus loin là-dedans, dans cette folie-là, dans ce clin d’œil à l’époque yéyé québécoise. Et évidemment, Patrice Michaud est un chouchou du public en ce moment. Mettons que ça pointait beaucoup dans sa direction.

La grille de programmation est déjà bien remplie, mais il reste quelques cases vides. Où en êtes-vous à ce sujet?

R Il nous manque une vingtaine de noms pour compléter. On parle de trois têtes d’affiche sur 44. Ça va bien, on va compléter ça dans les prochaines semaines. On fera sans doute une petite annonce avec les noms manquants. On n’a jamais été si avancé aussi tôt. On arrive avec les 11 soirs sur la scène des plaines d’Abraham et la vaste majorité de la programmation. On est très, très heureux du dénouement.

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