Pan Wang a filmé une performance qu’il a réalisée sur la terrasse Dufferin.

Fenêtres sur l’art de la ville de Xi’an

Le dépaysement guette le marcheur qui s’aventure ces jours-ci à la Chambre blanche, à VU et au Lieu, alors que les centres d’artistes de Québec accueillent des praticiens de la ville de Xi’an, en Chine.

En partenariat avec le Xiang Xishi Center for Contemporary Art, le Lieu a orchestré un échange entre les deux villes. Du 17 au 31 juillet, ce sera au tour de Patrick Altman, Julie Bouffard, Belinda Campbell, Sébastien Goyette Cournoyer, Marie-Pier Gravel, Motel Hélène, Catherine Lebel Ouellet et Giorgia Volpe d’aller présenter leur travail en Chine.

Ici, on peut découvrir jusqu’à dimanche un projet de Pan Wang à La Chambre blanche. L’artiste a filmé, à l’aide de deux caméras placées face à face et d’une caméra placée devant lui une performance sur la terrasse Dufferin. On le voit se fabriquer une cagoule de papier et y tracer à grands traits noirs des orbites et une bouche inquiétante, de même que les réactions intriguées ou le regard indifférents des passants qui le contournaient. Les images sont diffusées sur trois murs de la salle d’exposition, ce qui recrée, d’une certaine manière, le dispositif de captation. La cagoule est suspendue, une plume y flotte, alors que sur un quatrième mur, l’image ondoyante de l’eau est couverte d’un voile rouge.

Le visiteur dispose de davantage de clés pour comprendre les corpus exposés dans la plus petite des galeries de VU. Rassemblées sur un grand pamphlet accordéon, les plans et les photographies de Chen Hua tentent de préserver le souvenir d’un mode de vie rural progressivement englouti par l’expansion des villes. On flotte entre les vestiges du passé et la beauté banale du quotidien. Dans la même pièce, Su Sheng présente des portraits d’enfants de la classe moyenne dans leur maison. Opulence, apathie, voire tristesse sont perceptibles chez cette génération d’enfants uniques. On se demande à quoi ressemblera la Chine lorsqu’elle sera entre les mains de ces «petits empereurs».

Finalement, au Lieu, Xiang Xishi place des souliers à talons aiguilles dans une cage dorée et sur un lit de papier journal et de graines à oiseaux, traçant un parallèle entre la séductrice et l’oiseau en cage. 

Info: inter-lelieu.org