Il a fallu 12 semaines et l’expertise de Scène Éthique, Softbox et des ateliers scéniques de TVA pour construire et monter ce mur, qui nécessite 9 millions de lumières LED.

Face au mur : et quel mur!

CHRONIQUE / En 22 ans de métier, j’en ai vu des plateaux de télévision. Sur celui de «Face au mur», le nouveau grand jeu de TVA, je me sentais comme un enfant qui entre à Disney World. Hallucinant est le seul mot que j’ai trouvé en voyant ce gigantesque mur, pièce maîtresse de cette adaptation d’un concept américain, «The Wall», qui fait fureur sur NBC depuis un an, et exporté dans une douzaine de pays.

À TVA, seul le studio G pouvait contenir ce mastodonte, qui a la taille d’un immeuble de quatre étages. Encore qu’il a fallu décrocher des pièces du plafond pour que ça entre. La construction de cette réplique du mur original est entièrement québécoise. On s’est d’ailleurs inspiré des murs des adaptations américaine, française et polonaise, auxquelles on a ajouté des écrans incrustés au plancher et une caméra aérienne. Rien de trop beau.

«Au début, j’avais le mal de mer sur le plateau», m’a confié l’animatrice Maripier Morin, en m’invitant à vivre l’expérience d’en bas, à moins d’une semaine du début des enregistrements. À l’émission pilote, quand il fut question d’Alcatraz dans une question, elle a vu les flots de la baie de San Francisco s’ouvrir sur les écrans au sol devant elle. Assez pour étourdir l’animatrice, dont la carrière ne cesse de prendre de l’ampleur.

Face au mur prendra la relève de Lâchés lousses dans la case du mardi à 19h, dès le 23 janvier prochain. Les participants, qui viennent en duos, ne sont pas là par hasard, mais ont été sélectionnés pour leurs accomplissements. «Des gens d’exception qui se sont démarqués par leurs bonnes actions», résume la directrice principale chaînes et programmation du Groupe TVA, Suzane Landry. Ça peut être un duo d’enseignants qui ont le feu sacré, impliqués dans de nombreux projets, ou encore des gens qui ont parrainé une famille de réfugiés syriens venus s’installer au Québec. «On veut inspirer les gens à faire une différence autour d’eux», explique Maripier Morin.

Pour accumuler de l’argent, les participants doivent répondre correctement à des questions de connaissance générale, jouer de stratégie et compter sur le hasard. Le mur est construit un peu sur le principe du Plinko, un des jeux les plus populaires de The Price is Right. Au lieu des pastilles, ce sont des balles qu’on laisse tomber au sommet du mur, et qui atterrissent dans une des 15 cases contenant des montants d’argent, de 1 à 200 000 $. Si la réponse est bonne, les balles deviennent vertes et on empoche, sinon, tout devient rouge, et on perd de l’argent. Plus d’un million de dollars peuvent être attribués chaque semaine.

Cinq questions sont posées dans la première manche. Dans les deux suivantes, les duos sont séparés, un devant le mur, l’autre est isolé. Tout se joue dans la troisième manche, alors que le candidat dans la cabine insonorisée doit décider s’il signe ou s’il déchire le contrat, sur lequel apparaît un montant d’argent garanti. Et ce, sans savoir s’il a répondu correctement aux questions, et combien d’argent a été accumulé. «Le mur peut tout donner, mais aussi tout reprendre», résume Maripier Morin, dont le frère Mathieu tourne les vidéos de présentation des candidats.

L’émission est coproduite par TVA Productions et Deux L Productions (Nathalie Laberge et Jean-Marc Létourneau), en collaboration avec Québecor Contenu. Il a fallu 12 semaines et l’expertise de Scène Éthique, Softbox et des ateliers scéniques de TVA pour construire et monter ce mur, qui nécessite 9 millions de lumières LED. Quinze caméras nous retransmettront sa magie, dont une au plafond offrant une vue à donner le vertige.

Comme elle ne croyait jamais faire du cinéma, Maripier Morin n’avait pas planifié animer un jeu télévisé un jour. Mais c’était elle que voulait TVA. Par insécurité, elle n’était d’ailleurs pas certaine d’être la personne désignée pour animer l’émission. «Je me trouvais trop jeune. J’avais peur de brûler des étapes, et je me disais que ce show-là revenait plutôt à quelqu’un qui avait du métier. Aujourd’hui, je suis convaincue que c’est moi qui devais l’animer.» Elle croit que son empathie et son exubérance sont ses meilleurs atouts pour cette expérience.

Contrairement à d’autres jeux, les participants ont le choix de conserver l’argent pour eux ou de le remettre en tout ou en partie à des œuvres de bienfaisance. Porte-parole de la Fondation des étoiles, Maripier Morin souhaite créer un mouvement de générosité à travers l’émission. «Si jamais le mur décide de ne pas être généreux avec les duos, j’ai l’impression que les gens vont vouloir compenser en faisant des dons pour leurs œuvres.»

Autant le jeu est excitant, autant il peut être cruel et laisser les participants repartir avec rien du tout. «C’est comme une série dramatique, avec des courbes émotives hyper intenses. À la fin, c’est l’euphorie ou le scénario catastrophe!»