Maryse Lapierre met en scène le premier solo de Jonathan Gagnon à Premier Acte.

«Extras et ordinaires» ou la liste d’une vie

Pour la metteure en scène Maryse Lapierre, il s’agit d’un «texte de rêve». Pour le comédien Jonathan Gagnon, c’est un défi à relever pour ses 40 ans. Dans «Extras et ordinaires», une adaptation d’un texte de Duncan Macmillan, les deux artistes s’offrent une exaltante expérience théâtrale et promettent une rencontre humaine avec les spectateurs.

Avec ce spectacle présenté à Premier Acte du 10 au 28 avril, Jonathan Gagnon s’attaque à son premier solo… quoique le côté très interactif de l’exercice en fait presque un duo avec le public. Il avait envie de mordre dans un gros projet. Le voilà servi.

«J’ai eu 40 ans, lance l’acteur. C’est le gros cliché de la crise de la quarantaine. Il fallait que je me lance un défi. Je suis privilégié, on m’offre de super belles affaires sur les autres scènes. C’est surtout des rôles de soutien, j’adore ça, ce sont des rôles où je m’accomplis énormément. Mais là, j’avais le goût de vraiment défendre quelque chose de costaud. Et je réalise que c’est vraiment costaud!»

Extras et ordinaires est une adaptation par Joëlle Bond de la pièce Every Brilliant Thing du Britannique Duncan Macmillan, à qui l’on doit notamment la percutante Des arbres, présentée en ouverture de saison au Périscope. On y fait la rencontre d’un homme qui a grandi avec une mère dépressive. Dès l’âge de sept ans, il a entrepris de dresser la liste des choses qui pourraient chasser ses idées noires et lui donner envie de vivre. Une liste qu’il poursuivra jusqu’à l’âge adulte.

«Ma phrase préférée dans le spectacle, c’est quand il dit que si tu te rends au bout de ta vie et que tu as l’impression de ne jamais avoir été déprimé, c’est probablement parce que tu as fait du déni, avance la metteure en scène Maryse Lapierre. Tout le monde passe par là ou connaît quelqu’un à qui s’est arrivé. Ce n’est pas un sujet qu’on aborde tous les jours, il reste encore une forme de tabou autour de la dépression et de la maladie mentale. Cette pièce-là, elle dit : “on va s’en parler, mais on n’est pas obligé de brailler et d’être pessimiste”. Il y a une façon de se le raconter ensemble et de voir qu’on est tous pareils. Soyons donc attentifs aux autres. Et soyons indulgents.»

Interactions

Dans Extras et ordinaires, Jonathan Gagnon marche sur la fine ligne séparant le naturel du théâtral. «Les gens vont peut-être penser que c’est mon histoire, tellement il n’y a pas de personnage. C’est ma voix, c’est mon corps, ce sont mes mimiques. C’est vraiment moi. C’est un peu épeurant, quand même! Je n’ai pas de filet!» lance celui qui porte un texte, mais qui mène aussi un jeu avec le public dans cette pièce reposant grandement sur des interactions avec les spectateurs.

«C’est un spectacle qui va changer tous les soirs», confirme Maryse Lapierre, précisant du même souffle que le public n’a pas à être intimidé par le rôle qu’il aura à jouer. «Il y a une interaction, mais elle est très dirigée. Elle n’est pas épeurante. Et personne n’a à faire de performance. Plus les gens sont eux-mêmes, mieux ça va marcher. On ne veut pas que les gens deviennent des comédiens d’un jour», décrit la metteure en scène.

«On ne tend pas de piège», ajoute à son tour Jonathan Gagnon.

«C’est un show qui, je pense, va faire du bien, renchérit Maryse Lapierre. C’est un spectacle qui tire vers le haut, malgré la profondeur…»

+

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Quoi: Extras et ordinaires

Quand: du 10 au 28 avril

Où: Premier Acte

Billets: 27 $