Musique

«Mythe» au Mois multi : un chœur de femmes devant la mort

Deux ans après avoir présenté Gloria, une immersion transcendante sur le sacré, Mykalle Bielinski arrive au Mois multi avec une nouvelle proposition, Mythe. L’inspirante artiste poursuit sa réflexion en conviant un chœur de femmes pour chanter ce qui nous lie et ce qui nous traverse.

«J’ai vraiment ouvert large, en m’intéressant à l’éveil de la spiritualité. Je crois que ce qui nous relie, c’est le désir de répondre à la mort par la création d’œuvres, d’histoires, de rites et de mythes», indique Mykalle Bielinski. Pour elle, le mythe est un écho des aspirations humaines, le résultat de cette capacité à se projeter dans quelque chose de plus grand.

Expositions

Enchère controversée autour d’un Rubens

NEW YORK — Un dessin du maître flamand Rubens a été vendu mercredi 8,2 millions $US à New York lors d’enchères controversées, certains estimant que la famille royale, propriétaire de l’œuvre, aurait dû la proposer à des musées néerlandais.

Cette étude d’une taille exceptionnelle (49 cm sur 31), représentant un jeune homme aux bras levés et destinée à préparer le tryptique L’Érection de la croix (autour de 1610), avait été acquise en 1838 par le prince Guillaume d’Orange, le futur roi des Pays-Bas Guillaume II.

Il existe aux Pays-Bas une séparation entre le patrimoine national et celui des souverains du pays, issus de la dynastie Orange-Nassau.

La fortune royale était estimée, en 2011, à 220 millions $US par le magazine Forbes.

Ces dernières semaines, l’annonce de la mise en vente aux enchères de plusieurs œuvres d’art de la collection de la maison royale avait suscité des critiques de la part des musées néerlandais. Ils estiment que la princesse Cristina, qui possédait le dessin de Rubens vendu mercredi, aurait d’abord dû leur proposer de l’acheter avant de le vendre aux enchères à l’étranger.

Des députés du parti social-­libéral D66, membre du gouvernement de coalition, avaient également émis des réserves, avant que la ministre de la Culture, issue de cette même formation politique, ne coupe court au débat, affirmant que la décision de la vente d’une œuvre appartenait à son propriétaire.

«Il y a une distinction importante à faire dans la mesure où ce dessin appartient à une collection privée et à un particulier», a expliqué à l’AFP Greg Rubenstein, responsable des dessins de Maîtres anciens chez Sotheby’s, qui a organisé la vente. «Le propriétaire peut en faire ce qu’il souhaite, y compris la vendre».

Mercredi, le dessin est parti pour 7 millions $US, soit un total de 8,2 millions $US avec les frais et commissions, bien au-delà de la fourchette d’estimation de Sotheby’s, entre 2,5 et 3,5 millions $US. 

Arts visuels

Christine Comeau à Materia: des poèmes en ciel de lit

Il faut enlever ses bottes, enfiler des chaussons de feutrine vert forêt, se glisser dans les tentes minuscules et s’allonger, pour lire les poèmes brodés noir sur blanc sur des ciels de lit bouffants comme des nuages. Dans son installation «Inventer le pays», Christine Comeau nous invite à voyager en soi, pour ouvrir de nouveaux horizons.

L’artiste, qui a étudié en arts visuels à l’Université Laval, qui a développé son travail au fil de résidences dans les centres d’artistes du Québec et lors de séjours à l’étranger, est maintenant établie à Montréal. «La base de ma pratique artistique vient de me sentir étrangère dans le monde dans lequel je vis. J’ai décidé de faire des sculptures textiles qui recouvrent tout le corps et qui amplifient un peu ce phénomène-là», explique-t-elle.

Partie d’un sentiment personnel, sa réflexion a vite convié les autres. Pour porter ses vêtements, qui ont pris toutes sortes de formes et de couleurs au fil des ans, elle crée de petites communautés et orchestre des performances singulières.

Les premiers projets étaient liés à l’idée du réseau. Les combinaisons de Christine Comeau étaient munies de longues manches et de velcro, pour se connecter avec les autres. «J’explorais aussi l’aspect multifonctionnel. Si on avait juste une combinaison pour toute notre vie, avec des morceaux qui peuvent s’ajouter ou s’enlever, ce serait anticapitaliste, puisqu’on n’a pas besoin de racheter», expose-t-elle. Pour son projet de fin de bac, elle avait créé une boutique et un catalogue pour bien présenter le concept.

Puis ses vêtements individuels connectables sont devenus des combinaisons collectives, des sculptures-monuments. «Les gens étaient pris, ensemble, dans le même survêtement. Ça créait des monstres à plusieurs têtes. Au Colorado, ce fut une des premières fois où j’ai sorti mes sculptures à l’extérieur, dans le paysage», raconte Christine Comeau. 

Les photographies de ces sorties extérieures sont passées du statut d’archives à celui d’œuvres d’art à part entière. 

Les tentes sont apparues lors d’une résidence à Caravansérail, à Rimouski, puis sont devenues des maisons pointues, sur roulettes, à tirer derrière soi à Est-Nord-Est, à Saint-Jean-Port-Joli. Pour son projet Rituels, créé en partie à Vaste et vagues, à Carleton-sur-Mer, puis qui s’est baladé de la Côte-Nord à Montréal, la chorégraphe Marjorie Dunlop-Brière s’est mise de la partie pour mettre en mouvement un tableau vivant et coloré. 

Expositions

Record de visiteurs au Metropolitain Museum de New York avec 7,4 millions en 2018

NEW YORK — Le Metropolitan Museum de New York a accueilli en 2018 quelque 7,36 millions de visiteurs, du jamais vu pour l'institution qui a instauré début mars un prix d'entrée fixe pour les personnes n'habitant pas la mégalopole.

La fréquentation est en hausse de 5,1% par rapport à 2017, qui était déjà un millésime sans précédent.

Elle a été portée par l’exposition «Heavenly Bodies» sur les liens entre mode et religion catholique, qui a battu tous les records avec 1,65 million de visiteurs.

L’exercice a également bénéficié des expositions consacrées à Michel-Ange et à David Hockney, étalées toutes deux sur fin 2017 et début 2018.

Les chiffres 2018 intègrent les visiteurs du bâtiment principal du musée, situé sur la Cinquième avenue en bordure de Central Park, mais aussi ceux de ses deux antennes à Manhattan, les Cloisters et le Met Breuer.

La fréquentation n’a pas souffert de la mise en place au 1er mars d’une nouvelle politique de tarification.

Elle rompait, pour la première fois, avec la tradition qui permettait à chacun de payer ce qu’il voulait pour visiter le musée.

Désormais, toutes les personnes n’habitant pas New York doivent s’acquitter de 25 dollars. Les New-Yorkais bénéficient encore de l’ancienne politique de participation à discrétion.

Les chiffres publiés vendredi par le Met montrent que 32% des visiteurs étaient New-Yorkais, 34% venaient du reste des afp et 34% étaient des touristes étrangers. Parmi ces derniers, le pays le plus représenté est la Chine avec près de 5% du total.

Malgré son année record, le Met reste assez loin derrière le Louvre, musée de beaux-arts et d’antiquités le plus visité au monde en 2018 avec ses 10,2 millions de visiteurs, un record.