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Les femmes constellations d'Annie Baillargeon

La féminité traverse le travail d’Annie Baillargeon comme une flèche rouge, tant dans ses performances que dans son travail plastique. Pour les œuvres qu’elle présente ces jours-ci à la Galerie 3, elle a placé toutes les femmes qui l’entourent et toutes les problématiques qui la taraudent en constellations déjantées.

Au sein des Fermières obsédées ou dans son collectif actuel, B.L.U.S.H., Annie Baillargeon se plonge dans des explorations sauvages où la construction et l’image de soi sont des questions jamais résolues. Comment se débarrasser des clichés, des lieux communs, de la pression sociale, des images martelées dans l’espace médiatique? Comment combiner les différentes versions de soi sans perdre de vue l’essentiel?

Ces préoccupations continuent de l’habiter lorsqu’elle mène des séances de prises de vue dans son atelier. Elle crée chaque fois un décor, revêt un costume, puis enchaîne une série d’actions avec des accessoires choisis pendant une heure, voire plus, pendant que son collaborateur de longue date, Étienne Boucher, prend des clichés. L’artiste se retrouve alors avec un nombre vertigineux d’images, qu’elle laisse dormir un temps. «Puis je garde les meilleures photos, je vois les interactions qui peuvent se créer entre les unes et les autres et je recompose une scène», explique-t-elle. «Comme j’ai fait beaucoup de performances collectives, on dirait que j’ai besoin, dans le montage, de créer des interactions.»

Le résultat est imprimé, puis elle y ajoute de l’aquarelle et des finis glacés. Ses interventions, plus timides sur les dernières œuvres présentées à Québec, s’affirment maintenant davantage. La peinture y est lancée en giclées, on sent davantage le geste, comme s’il s’agissait d’un épilogue à sa performance devant l’objectif. 

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Voir son sosie… en pierre et en photo au Musée de la civilisation [VIDÉO]

Ça nous est tous déjà arrivé: «J’ai vu ton sosie, hier.» Jean Potvin, un peu plus souvent: «Ça m’arrive régulièrement.» Mais de là à penser qu’il est le portrait tout craché du grand orateur grec Démosthène… Et pourtant la ressemblance est plus que troublante. Le créateur en arts visuels de Québec est l’un de 25 modèles retenus — sur 108000 candidatures — pour la fascinante exposition «Mon sosie a 2000 ans», qui ouvre ses portes au Musée de la civilisation.

Un appel à tous, il y a deux ans, sur une plateforme Web, a donné des résultats inespérés… et inattendus: le site a cessé de fonctionner, croyant être victime d’une cyberattaque! Un système de reconnaissance faciale s’est chargé d’un premier écrémage en comparant les photos avec la cinquantaine de sculptures antiques provenant de deux musées suisses.

N’empêche. Le défi était herculéen. Coline Niess, la chargée de projet, s’est patiemment mise à la tâche de trouver des alter ego pour faire le lien entre l’Antiquité et la modernité. Ils sont venus de partout dans le monde pour se faire tirer le portrait par François Brunelle, déjà spécialiste des sosies contemporains. Et de tout près aussi: alors que Coline Niess se demandait à qui le relief funéraire d’un jeune Syrien, décédé entre 101 et 200, pouvait bien ressembler, l’évidence était sous ses yeux, son propre fils, Milo Desbiens, né en 2007.

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Banksy voulait apparemment déchiqueter son tableau en entier

Une nouvelle vidéo mise en ligne par Banksy implique que le déchiquetage partiel de son oeuvre «Girl With Balloon» (La fille au ballon) lors d’une vente aux enchères à Londres n’était pas intentionnel, et que le tableau aurait dû être entièrement réduit en lambeaux.

La vidéo montre le célèbre artiste anonyme construisant le mécanisme de déchiquetage dans un cadre fleuri et appuyant sur un bouton dans une boîte noire pour activer la destruction chez Sotheby’s, à Londres, plus tôt ce mois-ci. L’acte a choqué la foule, mais l’adjudicataire, un collectionneur européen, a décidé de quand même l’acheter pour 1,4 million $ US, selon la maison de vente aux enchères.

Sotheby’s n’a pas identifié l’acheteur.

Le déchiquetage partiel en a poussé certains à conclure que l’acte était un coup monté pour augmenter la valeur de la peinture d’une jeune fille tendant la main vers un ballon rouge en forme de coeur. Le déchiquetage arrête tout juste au-dessus de la tête de la fille, laissant le ballon intact. La fin de la nouvelle vidéo assure qu’«en répétitions, cela a fonctionné à chaque fois ...» Un déchiquetage complet du même motif est ensuite présenté.

La vidéo de près de trois minutes s’intitule «Shred the Love, la version du réalisateur». On y voit des mains et un individu vêtu d’un chandail à capuchon (Banksy adore ce type de vêtement) qui construit le mécanisme dans un studio. Les images se déplacent ensuite à l’extérieur de Sotheby’s avant la vente aux enchères. On voit des gens qui sirotent du champagne et grignotent des hors-d’oeuvre, y compris certains qui admirent le tableau.

La vente aux enchères et le déchiquetage partiel sont présentés, puis les employés décrochent et emportent l’oeuvre.

Banksy n’a jamais révélé son identité complète. Il a commencé sa carrière comme graffiteur à Bristol, en Angleterre, et est devenu l’un des artistes les plus connus au monde. Ses images espiègles et souvent satiriques incluent deux policiers s’embrassant, des policiers antiémeute armés aux petits visages souriants jaunes et un chimpanzé qui agite une pancarte qui prévient: «Riez maintenant, mais un jour, je serai aux commandes».

«Girl With Balloon» a été initialement gravée au pochoir sur un mur de l’est de Londres et a été reproduite à l’infini pour devenir l’une des images les plus connues de Banksy.

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30 ans du Musée de la civilisation: le grand musée de l'activité humaine

Le Musée de la civilisation a déjà 30 ans et un nombre impressionnant d’expositions à son actif. Innovant constamment pour trouver des manières de présenter différents aspects de l’expérience humaine, l’institution aura abordé des thèmes aussi variés que les soins de beauté, le cerveau, les diamants ou les grandes villes du monde. Vendredi, l’accès au MCQ sera gratuit et les visiteurs auront accès aux coulisses des expositions (activité aussi reprise samedi). Retour, en quelques moments et expositions marquants, sur les trois décennies du MCQ.

1988: Pas moins de dix expositions sont lancées simultanément pour marquer l’ouverture du Musée de la civilisation, le 19 octobre 1988 : Souffrir pour être belle, Objets de civilisation, Un si grand âge, Gaspésie, une histoire de mer, Noël réinventé, La barque à voile, Mémoires, un portrait des Québécois, Toundra, Taïga et Électrique. L’institution toute neuve est alors sous la houlette de Roland Arpin. Le Soleil y consacre un cahier de 12 pages, dont le titre principal est «Le début d’une histoire d’amour». On y mentionne la collection de 60 000 objets, en mettant de l’avant la mission éducative, l’accessibilité et la polyvalence du nouveau lieu.