Environ 400 personnes ont donné un vêtement à Carole Simard-Laflamme, qui a assemblé ces tissus chargés de souvenirs pour créer La robe des nations, exposée au Musée de la civilisation. 

Une oeuvre monumentale pour 50 ans de métier

Carole Simard-Laflamme a eu droit à sa première chance à Québec. Cinquante ans plus tard, l'artiste plasticienne originaire de Baie-Saint-Paul a droit aux honneurs du Musée de la civilisation pour sa Robe des nations, une oeuvre monumentale composée de 6000 textiles miniatures.
L'ensemble est impressionnant. Pas moins de 400 personnes ont offert un vêtement à l'artiste. Mais il y a plus. «Avec ces tissus, les gens dévoilent une émotion, un secret...» a expliqué Mme Simard-Laflamme. Ce peut être le premier pyjama d'un nouveau-né comme le chandail tricoté par notre défunte aïeule. L'oeuvre surdimensionnée devient une métaphore du temps qui passe, des étapes de la vie, de la naissance à la mort.
Pour y arriver, l'artiste a commencé à découper les vêtements en 2005, puis à les mélanger, rassembler et tisser sur des fils métalliques en deux gigantesques ensembles suspendus au-dessus d'une surface réfléchissante. «Ces petits bouts de tissus deviennent la matière-mémoire d'hommes et de femmes, d'une oeuvre participative et multiculturelle.» D'où le nom La robe des nations.
Mi-blagueur mi-sérieux, Stéphan La Roche a présenté l'accrochage de cette pièce comme «l'espace zen» du Musée et de l'été fort chargé sur le plan culturel. Vrai que l'oeuvre incite à une réflexion sur la condition humaine, mais aussi à se perdre dans nos pensées. 
Une méditation favorisée par le panorama sonore créé par Marie Pelletier, qui accompagne l'installation. La compositrice s'est inspirée de différentes techniques vocales (chants de gorge inuit, mélopées innues, voix bulgares, onomatopées africaines, turluteries québécoises, etc.) «pour les métisser comme la robe».
Cet assemblage a une valeur hautement symbolique pour Carole Simard-Laflamme. Il rappelle que nous sommes tous un fragment de l'autre. Un message hautement approprié par ces temps troubles du repli identitaire.
Exposée, entre autres, en France, en Italie, en Espagne, La robe des nations est présentée pour la première fois au Québec, jusqu'au 18 février 2018.