<em>My Lonesome Cowboy </em>de Takashi Murakami de l'exposition STARS au musée Mori à Tokyo.
<em>My Lonesome Cowboy </em>de Takashi Murakami de l'exposition STARS au musée Mori à Tokyo.

Une ambitieuse exposition comme test face à la COVID-19

TOKYO — Une exposition phare ouvre vendredi à Tokyo, avec une débauche d’œuvres d’artistes célèbres dans l’un des plus prestigieux musées d’art contemporain de la capitale japonaise. Mais face à la pandémie, son ambition de succès populaire s’est transformée en défi.

Après cinq mois de fermeture, le musée Mori accueille de nouveau les visiteurs avec STARS, l’une de ses expositions les plus spectaculaires de ces dernières années.

Mais la période actuelle, dominée par la crainte du coronavirus, «amène à s’interroger sur le rôle des musées et de l’art», a expliqué à l’AFP la directrice du musée, Mami Kataoka.

Avec des têtes de gondole de l’art contemporain japonais comme Yayoi Kusama et Takashi Murakami, STARS devait initialement démarrer en avril et attirer notamment les touristes du monde entier que Tokyo comptait accueillir cet été à l’occasion de ses Jeux olympiques.

<em>Hiropon </em>de Takashi Murakami. La période actuelle, dominée par la crainte du coronavirus, «amène à s’interroger sur le rôle des musées et de l’art», a expliqué à l’AFP la directrice du musée, Mami Kataoka.

Mais face à la pandémie de coronavirus, le musée avait fermé ses portes dès février, et un mois plus tard les JO de Tokyo étaient reportés à 2021.

Le Japon et Tokyo en particulier sont par ailleurs frappés par une forte recrudescence locale de la COVID-19 depuis début juillet et qui continue de s’aggraver: un nouveau record quotidien d’infections à Tokyo devrait être annoncé vendredi, avec plus de 460 nouveaux cas, selon la chaîne de télévision publique NHK.

Dans un contexte aussi anxiogène, le public ne se déplacera au musée «que pour voir ce qu’il a vraiment envie de voir», a estimé l’artiste Tatsuo Miyajima lors d’une présentation jeudi de l’exposition à la presse.

Le nombre de visiteurs de l’exposition sera plafonné par créneaux, avec réservation obligatoire à l’avance. Les visiteurs devront faire contrôler leur température à l’entrée, porter un masque et se désinfecter régulièrement les mains.

Un visiteur passe devant <em>Relatum</em>, à l'avant-plan, , <em>Relatum - Dissonance</em> et <em>Dialogue</em> de Lee Ufan.

Le public sera malgré tout au rendez-vous, veut croire Mme Kataoka, estimant que ces conditions de moindre affluence vont même «améliorer la qualité de la visite» de l’exposition.